La Nature de l'État
Le Québec est l'une des dix provinces qui composent la fédération canadienne. Comme dans toute fédération, la Constitution du Canada répartit les compétences entre l'État central et les provinces. Autrement dit, les provinces détiennent leurs pouvoirs en vertu de la Constitution, et non pas d'une délégation du Parlement fédéral. Ainsi, le droit constitutionnel canadien reconnaît que les provinces sont « souveraines » dans leurs champs de compétence. Les principes de non-subordination aux intérêts du fédéral et de non-ingérence du fédéral dans leurs champs de compétence en découlent.
Le Régime politique
Le régime politique du Québec a trois caractéristiques : c'est une démocratie représentative parlementaire de type britannique.
Démocratie représentative : les citoyens confient aux représentants qu'ils élisent, les députés, le soin d'exercer le pouvoir en leur nom.
Démocratie parlementaire : le pouvoir exécutif doit avoir la confiance des députés réunis en Parlement, pour exercer ses pouvoirs.
Démocratie de type britannique : le Québec a hérité non seulement d'institutions politiques d'origine britannique, mais aussi de certaines caractéristiques constitutionnelles de la Grande-Bretagne. La coexistence d'un droit constitutionnel écrit et d'un droit constitutionnel coutumier basé sur des « conventions constitutionnelles » est l'une de ces caractéristiques.
Le rôle du premier ministre est un exemple d'une convention constitutionnelle. Bien qu'il soit capital dans le système politique québécois, il ne figure pas dans la Constitution canadienne. Une convention constitutionnelle non écrite régit non seulement son rôle, mais aussi ses pouvoirs et ses limitations.
Bien qu'il soit désigné formellement par le lieutenant-gouverneur, le premier ministre est, en fait, choisi par les électeurs dans la mesure où ils élisent une majorité de députés de son parti.