Scrutin du 8 décembre
Au terme de 33 jours de campagne, les citoyens du Québec se sont exprimés et ont choisi de reporter à la tête du Québec le Parti libéral de Jean Charest. Il formera un gouvernement majoritaire, comme annoncé par Radio-Canada dès 20 h 34.
Le discours du gagnant
Élu à la tête d'un gouvernement majoritaire, le chef libéral lance un appel à l'unité de tous les Québécois et de tous les partis pour permettre au Québec d'affronter les difficultés économiques. |
Très rapidement, les résultats ont confirmé les gains libéraux. Dans un contexte de manque d'intérêt du public (le taux de participation a été de 57,15 %), Jean Charest a donc remporté son pari. (lisez notre article)
Les derniers résultats donnent 66 sièges aux libéraux, 51 au Parti québécois, 7 à l'Action démocratique et un seul à Québec solidaire. Jean Charest obtient donc un troisième mandat consécutif comme premier ministre du Québec, une première depuis Maurice Duplessis dans les années 1950.
Une tendance inquiétante?
Le taux de participation des électeurs au scrutin provincial de lundi a été le plus bas depuis 1927, selon les données fournies par le Directeur général des élections. C'est la première fois de l'histoire que le taux de participation est inférieur à 70 % au Québec (lire notre nouvelle). |
Le Parti québécois redevient l'opposition officielle, après avoir été relégué au rang de deuxième parti d'opposition en 2007. Lisez à ce sujet notre article sur le Parti québécois.
Quant à l'Action démocratique du Québec, elle perd 34 sièges, n'en conservant que 7. Son chef, Mario Dumont, a annoncé qu'il ne mènerait pas l'ADQ aux prochaines élections provinciales, bien qu'il ait été réélu. Lisez à ce sujet notre article sur l'Action démocratique du Québec.
Ce scrutin marque aussi l'entrée de Québec solidaire à l'Assemblée nationale avec la victoire d'Amir Khadir dans le comté montréalais de Mercier. Lisez à ce sujet notre article sur Québec solidaire.
Et puis le Parti vert du Québec, qui récolte 2,19 % des voix, ce qui signifie un recul pour la formation environnementaliste par rapport à 2007. À ce sujet, notre texte.
Donnez votre opinion!
Que laisse présager la nouvelle composition de l'Assemblée nationale? »? Nous vous invitons à vous exprimer sur notre forum, En ligne, citoyens! |
Le portrait régional
![]() Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot |
Le paysage politique reste presque le même sur les îles de Montréal et de Jésus (Laval). Seule la circonscription de Mercier change de mains et ouvre les portes de l'Assemblée nationale à Québec solidaire en élisant Amir Khadir.
Lire à ce sujet notre texte.
La couronne de Montréal s'est drapée d'un bleu péquiste, le parti dirigé par Pauline Marois ayant gagné 16 sièges. L'ADQ a, quant à elle, été rayée de la carte autour de la métropole.
Lisez notre article « Une couronne bleu PQ ».
Dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, les libéraux qui ne détenaient que trois circonscriptions au déclenchement des élections, parviennent à reprendre de nombreux sièges aux mains des adéquistes.
Lisez à ce sujet notre article.
À l'issue d'une lutte serrée dans Abitibi-Est, l'ex-ministre libéral Pierre Corbeil reprend le siège du jeune Alexis Wawanoloath, puis Daniel Bernard l'emporte sur la députée péquiste sortante Johanne Morasse.
Notre article
Les électeurs du Centre-du-Québec ont brassé les cartes, élisant trois nouveaux députés au détriment de l'ADQ.
En lire plus: « L'ADQ balayée »
En Mauricie aussi, la déception est grande pour les troupes adéquistes. Le parti dirigé par Mario Dumont a perdu les quatre circonscriptions qu'il avait gagnées lors de l'élection de mars 2007. Dans Trois-Rivières, le leader parlementaire de l'Action démocratique et bras droit de Mario Dumont, Sébastien Proulx, a été battu par la candidate libérale Danielle Saint-Amand, tandis que la ministre sortante des Transports, Julie Boulet, obtient un quatrième mandat dans Laviolette.
lire notre article sur cette région.
Quant au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il reste péquiste, à l'exception de la circonscription de Dubuc. Le libéral Serge Simard l'a emporté par moins de 500 voix.
En lire plus
Dans le Bas-Saint-Laurent, Mario Dumont conserve facilement sa circonscription de Rivière-du-Loup, tandis que le libéral Claude Béchard accroît ses appuis auprès de l'électorat de la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. Pour les autres circonscriptions, le portrait reste inchangé.
Lisez notre article au sujet de cette région.
En tout, 5,5 millions de citoyens étaient conviés aux urnes, pour choisir leur candidat dans l'une des 125 circonscriptions de la province.
Retour sur la campagne
Le déclenchement des élections a surpris tous les Québécois, sauf, on s'en doute, Jean Charest et ses stratèges. Mais pour le premier ministre sortant, la double crise économique et financière qui frappe les États-Unis, et qui menace de s'étendre plus au nord, exigeait cet appel aux urnes précipité.
À la dissolution du Parlement, le 5 novembre dernier, Jean Charest expose ses motifs, qui tiennent finalement en peu de mots, et qu'il reprendra comme un mantra tout au long de la campagne: seul un gouvernement majoritaire peut affronter la tempête qui menace, seuls les libéraux savent s'occuper comme il se doit de l'économie.
Les Québécois savent très bien qu'un gouvernement minoritaire est un gouvernement instable. Les Québécois savent aussi que pendant une tempête, il ne devrait pas y avoir trois paires de mains sur le gouvernail. Je suis profondément convaincu que ça prend de la stabilité politique pour avoir de la prospérité économique.
— Jean Charest, le 5 novembre
![]() Photo: La Presse Canadienne /Clement Allard Jean Charest |
À ce contexte économique, favorable à des élections, s'ajoute un contexte politique tout aussi intéressant pour les libéraux. L'objectif du premier ministre est ici sans conteste de prendre de court ses adversaires: un PQ encore à se remettre de sa dégelée historique de mars 2007, une ADQ estomaquée par la chute brutale de sa popularité après avoir tant brillé.
Seul Jean Charest, après des années à gouverner contre une majorité de l'opinion publique, semble enfin retrouver ses faveurs.
Les deux formations tenteront en vain, dans les jours précédents le déclenchement du scrutin, de contraindre le premier ministre à abandonner ses velléités électorales.
L'Assemblée nationale à sa dissolution
À sa dissolution, l'Assemblée nationale était composée de 48 députés du Parti libéral, 39 de l'Action démocratique et 36 du Parti québécois. Il y avait aussi deux sièges vacants. |