Discours à la nation

Dumont et Marois déçus, Charest inquiet

Mise à jour le jeudi 4 décembre 2008 à 8 h 18
Pauline Marois, Mario Dumont, Jean Charest

Photo: La Presse Canadienne /archives

Les chefs des partis politiques en campagne électorale n'ont pas tardé à réagir au discours à la nation prononcé mercredi soir par Stephen Harper.

Mario Dumont s'est montré franchement déçu de l'intervention du premier ministre et des réactions des partis de l'opposition qui ont suivi.

Autant dans l'allocution télévisée du premier ministre que dans les réactions immédiates de Stéphane Dion et de Gilles Duceppe, le chef adéquiste n'a décelé « aucune ouverture » ou « main tendue ».

Il a déploré un « cirque », dont la population se serait volontiers passée, selon lui.

Mario Dumont

Mario Dumont

Les interventions attendues des différents protagonistes dans la crise politique à Ottawa ne laissent présager aucune issue salutaire, de l'avis de M. Dumont.

« Il a fait un discours qui était décevant. Pas d'ouverture, pas de main tendue », a-t-il dit à propos de M. Harper. « Ce qui est arrivé est malheureux », a-t-il renchéri, ajoutant que les chefs n'ont fait que « s'enfoncer dans des positions irréconciliables ».

Pour le chef de l'ADQ, les acteurs politiques fédéraux se sont adressés au peuple pour dire qu'ils ne l'ont pas compris. Leurs prestations « n'ont rien amené, sinon que de constater platement cette espèce de blocage et d'incompréhension ».

Si toucher le fond du baril permet de rebondir, je pense que ce soir le Parlement canadien a touché le fond du baril.

- Mario Dumont

Évoquant l'éventualité d'une prorogation de la session parlementaire, Mario Dumont a expliqué que le danger serait de se retrouver dans quelques semaines avec la même situation.

Notons par ailleurs que le chef adéquiste a ironisé sur le discours de Stéphane Dion, techniquement « mal cadré » et enregistré à la hâte. C'est, d'après lui, une preuve que le chef libéral ne peut pas être premier ministre.

« Les masques tombent », selon Marois

Pauline Marois

Pauline Marois

Dans une brève déclaration aux journalistes, Pauline Marois a indiqué que « les masques sont tombés » après le discours à la nation de Stephen Harper.

Elle a reproché au premier ministre conservateur de réitérer ce qu'il a dit dans son énoncé économique « dogmatique », au lieu de « tendre la main ».

« Si on est dans une crise, c'est que [M. Harper] l'a provoquée », a souligné Mme Marois, qui a annoncé « la fin du fédéralisme d'ouverture » cher aux conservateurs.

Ce soir, les masques sont tombés. Je crois que les Québécois sont profondément déçus de l'attitude de M. Harper.

- Pauline Marois

La chef du PQ s'est montrée d'autant plus déçue que la crise actuelle s'accompagne d'un « Québec bashing ». Elle a rappelé que « nous vivons dans une démocratie » et que, par conséquent, « nous devons être respectueux les uns et les autres ».

Jean Charest

Jean Charest

Charest contre la rhétorique qui divise

Pour sa part, Jean Charest s'est gardé de commenter explicitement le discours de Stephen Harper. Il a toutefois mis en garde les Canadiens contre une certaine rhétorique fédérale antisouverainiste.

À la sortie d'une activité partisane dans la circonscription de Beauce-Nord, le chef libéral s'est porté à la défense de la légitimité démocratique du Bloc québécois.

L'instabilité politique et une rhétorique qui divise les gens, ce n'est pas ce dont le Québec a besoin.

- Jean Charest

« Cela renforce mes convictions qu'en politique, il faut respecter le choix qui a été exprimé démocratiquement par tous les citoyens et tous les Québécois. Et il y a, sur le plan économique, des choses à régler. Concentrons-nous là-dessus, c'est la priorité numéro un », a dit M. Charest.

Donnez votre opinion!

Crise politique à Ottawa: commentez la position des partis politiques québécois. Nous vous invitons à vous exprimer sur notre forum, En ligne, citoyens!



Equipe
© Société Radio-Canada. Tous droits réservés.