Crise à Ottawa
![]() Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot Jean Charest en compagnie de Nathalie Normandeau |
Jean Charest s'adaptera à la nouvelle donne à Ottawa, que le gouvernement de Stephen Harper survive ou qu'il soit remplacé par la coalition dirigée par Stéphane Dion.
En conférence de presse mercredi à Québec, M. Charest a une nouvelle fois refusé de faire des conjectures sur le dénouement de la crise politique qui secoue la Chambre des communes.
Jean Charest a refusé de dire s'il préférait que le gouvernement conservateur survive à la tempête ou qu'il coule à pic sous la coalition libérale-néo-démocrate appuyée par le Bloc québécois.
Les mains libres
« À mes yeux à moi, comme premier ministre du Québec, il est très important de ne pas soumettre nos intérêts à un parti politique fédéral. J'ai toujours défendu cette liberté que nous avons au Québec et l'importance d'avoir les mains libres », a dit Jean Charest.
« Jamais je ne soumettrai les intérêts du Québec à un parti fédéral. Jamais j'attacherai les intérêts des Québécois à un parti politique fédéral. Ça, c'est le choix que font Pauline Marois (la chef péquiste) et Mario Dumont (le chef adéquiste) », a ajouté le chef des libéraux.
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M. Charest accuse Pauline Marois de profiter de la crise politique pour faire valoir son option souverainiste.
« Liée aux manoeuvres du Bloc québécois, la leader du PQ veut plonger le Québec dans un nouvel épisode référendaire », a soutenu Jean Charest.
Le premier ministre sortant a aussi lancé un appel à tous « les Québécois de tous les horizons et de toutes les appartenances politiques » à se rallier au PLQ pour donner au Québec un gouvernement stable, qui consacrera ses énergies à lutter contre la tourmente financière.
« Respecter le choix des Québécois »
Lors d'un point de presse à l'issue de son allocution devant la Fédération québécoise des municipalités, Jean Charest a refusé une nouvelle fois de se prononcer sur la crise qui ébranle le gouvernement fédéral, estimant qu'un premier ministre provincial doit s'affranchir de toute liaison avec un parti fédéral.
Interrogé sur le « Québec bashing (dénigrement) », qui serait pratiqué dans certaines régions du Canada anglais dans la foulée de la crise à Ottawa, le chef libéral a insisté sur le respect du choix des Québécois.
Je vis dans une société où les gens peuvent être souverainistes ou fédéralistes, mais ils se respectent. La même chose devrait être vraie dans le Parlement fédéral. Nous n'avons pas à faire des procès d'intention à qui que ce soit, parce qu'il défend une position ou l'autre.
- Jean Charest
« Il faut revenir à la notion de respect des électeurs qui ont choisi leurs députés », a-t-il dit, ajoutant que ces derniers « ont le droit de s'exprimer au nom de ces gens-là ». L'allusion est faite aux députés du Bloc québécois, « les séparatistes » que les conservateurs ne cessent de mentionner pour tenter de miner la crédibilité de la coalition qu'appuierait le parti de Gilles Duceppe.
Insistant sur le respect de l'expression de la démocratie, le chef libéral a rappelé qu'« en 1867, tous les députés de la Nouvelle-Écosse élus à la Chambre des communes étaient tous, sans exception, envoyés à Ottawa pour séparer la Nouvelle-Écosse ».
Pour M. Charest, « tout le monde devrait se concentrer sur l'économie » et se garder de « faire des procès d'intention » ou de « diviser ».
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Prêt à travailler avec les municipalités
S'adressant aux représentants des municipalités du Québec, M. Charest s'est engagé à travailler en concertation avec les régions.
Il a notamment vanté son Plan Nord ainsi que le programme d'infrastructures, de 41 milliards de dollars, dont bénéficieraient en premier lieu les municipalités.
Pour M. Charest, la priorité est la création d'emplois dans un contexte de ralentissement économique. Il a aussi insisté sur la formation de la main-d'oeuvre afin de « mieux rebondir » après le passage de la tempête économique.
La crise forestière, la gestion de déchets résiduels, et la connexion Internet haute vitesse en région ont été parmi les sujets soulevés par les intervenants des municipalités.
Jean Charest y a répondu en rappelant les actions entreprises par son gouvernement et en réaffirmant sa disponibilité à travailler avec les régions.