PQ-Crise à Ottawa
![]() Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot Pauline Marois, chef du Parti québécois (archives) |
Si Pauline Marois devait tirer une seule conclusion de la crise qui agite présentement la colline du Parlement, c'est que le pays ne fonctionne pas et qu'il faudrait donc en sortir.
Usant volontiers de sa rhétorique indépendantiste, la chef du Parti québécois (PQ) a affirmé que la crise politique à Ottawa milite en faveur de l'élection d'un gouvernement souverainiste à Québec.
En campagne à Lebel-sur-Quévillon, dans le Nord-du-Québec, elle a laissé entendre que la fédération canadienne est devenue ingouvernable.
On voit bien que ce pays-là, il ne fonctionne pas [...] La seule solution, c'est de sortir de là, c'est de choisir notre souveraineté.
- Pauline Marois
Quant aux réactions défavorables émanant du reste du Canada, notamment de l'Ouest, après l'entente sur une coalition gouvernementale, Pauline Marois y voit le peu de respect dont témoignent bien des Canadiens à l'égard du Québec.
D'après elle, cela aura un impact sur la réflexion des Québécois quant à leur avenir.
Volant à nouveau au secours de Gilles Duceppe, dont le parti a donné sa bénédiction à un gouvernement de coalition, Mme Marois a indiqué que Stephen Harper ne récolte que ce qu'il mérite.
La chef péquiste a soutenu que M. Harper « était en train de nous écraser » et qu'il s'est comporté « en baveux ».
« On a un parti souverainiste à Ottawa qui a agi de façon responsable devant un Harper qui écrase le Québec et qui nie le fait que le Québec a des besoins », a-t-elle ajouté, répétant que Jean Charest, pour sa part, a refusé de se prononcer sur l'énoncé économique de Jim Flaherty.
Qu'est-ce qu'il a fait Jean Charest pour nous défendre? Rien, moins que rien. Il n'ose même pas en parler, il se cache M. Charest.
- Pauline Marois
Mardi, les adversaires politiques de Mm Marois ont dénoncé l'appui de celle-ci à l'attitude de Gilles Duceppe dans ce dossier.
« Mme Marois dit que la solution à ce qui se passe à Ottawa, c'est de séparer le Québec du reste du Canada. Posons-nous la question: est-ce qu'on a besoin de se diviser davantage? Est-ce qu'on a besoin d'une autre chicane, alors que nous vivons une période d'incertitude économique? Au contraire! », a répliqué Jean Charest.
Lisez à ce sujet nos deux articles: Jean Charest se mouille un peu, mais aussi Viser Charest, tirer sur Marois.
« Jean Charest a abandonné les régions »
Par ailleurs, Pauline Marois a accusé Jean Charest d'avoir complètement abandonné les régions ressources et leurs travailleurs.
La chef péquiste, qui a rencontré mardi les élus municipaux et les travailleurs en lock-out de l'usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon, a souligné « l'inaction » du chef libéral dans ce dossier.
La chef péquiste s'est engagée à rencontrer les dirigeants de Domtar pour clarifier la situation de l'usine, qui a cessé ses activités il y a trois ans.
« Est-ce qu'il est venu à Lebel-sur-Quévillon? Où est-ce qu'il est M. Charest? », a-t-elle lancé devant 200 personnes rassemblées dans une salle de cette municipalité.
Profitant de son passage dans le Nord-du-Québec, la chef péquiste a critiqué sévèrement le Plan Nord des libéraux. Elle a accusé Jean Charest d'avoir recyclé un document déposé par le précédent gouvernement péquiste.
Selon Mme Marois, le manque de consultation des libéraux avec les Premières Nations pourrait mettre en péril les projets de développement des ressources minières et hydrauliques.
« Jean Charest est en train de tuer le Plan Nord. M. Charest ne fait qu'un show de boucane, mais ça va donner quoi si c'est un échec en bout de piste? » a-t-elle affirmé.
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