Crise à Ottawa
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Au lendemain de la signature d'une entente de coalition entre les trois partis d'opposition à Ottawa, Jean Charest commente du bout des lèvres les événements sur la scène fédérale.
Pressé de questions par les journalistes toute la matinée, M. Charest est cependant demeuré plutôt vague sur ce qu'il pensait de la crise.
M. Charest dit avoir été surpris de la tournure des événements. Mais bien vite, il a repris son message des derniers jours, estimant que la situation à Ottawa était une preuve qu'il fallait un gouvernement fort et stable au Québec.
Je ne me gêne pas pour dire aux Québécois: Voilà un exemple à ne pas suivre dans le résultat électoral. Il nous faut de la stabilité politique dans une période d'instabilité économique. Ajouter un par dessus l'autre, ce n'est pas la bonne recette pour réussir.
- Jean Charest en entrevue avec Pierre Maisonneuve
Il a ensuite répété vouloir un vis-à-vis fédéral avec qui travailler « dans l'harmonie » pour aider l'économie. Le chef libéral a de nouveau affirmé vouloir un dénouement rapide de la situation. « Plus rapidement il va y avoir de l'harmonie, plus rapidement on va pouvoir se mettre au travail », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il travaillera avec le premier ministre, peu importe son allégeance.
Au sujet de l'énoncé économique de Jim Flaherty, qui a déclenché la crise à Ottawa, M. Charest est quelque peu sorti de sa réserve des derniers jours. Rappelons que la chef péquiste Pauline Marois lui reproche de ne pas dénoncer l'énoncé du ministre des Finances du Canada. M. Charest a ainsi déclaré qu'il contenait des éléments sur lesquels il pouvait être d'accord, comme l'accélération des investissements en infrastructures et l'aide à la formation de la main-d'oeuvre. Il a cependant semblé émettre un bémol:
Il y a des choses là-dedans qui correspondent à ce qu'on a demandé. Il y a des choses là-dedans qui n'ont rien à voir avec nous.
- Jean Charest
M. Charest a répété que sa priorité était de défendre les intérêts du Québec et qu'il estimait être le seul des trois chefs des principaux partis aux Québec à pouvoir négocier avec Ottawa librement. Il a encore une fois accusé sa rivale péquiste d'être liée au Bloc québécois et son rival adéquiste au Parti conservateur.
Je veux que les Québécois le 8 décembre envoient un message fort qu'ils sont derrière un gouvernement qui a la totale liberté qu'il faut pour défendre les intérêts du Québec.
- Jean Charest
M. Charest en a d'ailleurs profité pour attaquer sa rivale péquiste sur la coalition, reprochant à Pauline Marois de vouloir Stéphane Dion comme premier ministre du Canada. Mme Marois a déclaré lundi qu'en appuyant la coalition, le Bloc québécois avait fait davantage pour défendre les intérêts du Québec que le chef du PLQ en cinq ans de pouvoir.
« Mme Marois dit que la solution à ce qui se passe à Ottawa, c'est de séparer le Québec du reste du Canada. Posons-nous la question: est-ce qu'on a besoin de se diviser davantage? Est-ce qu'on a besoin d'une autre chicane, alors que nous vivons une période d'incertitude économique? Au contraire! », s'est exclamé M. Charest.
Dans une autre attaque adressée aussi bien à Pauline Marois qu'à Mario Dmont, il a déclaré: « Mme Marois nous a confirmé qu'elle est liée au Bloc québécois. Et M. Dumont nous a confirmé qu'il est lié au Parti conservateur. Et moi je ne suis pas lié à aucun parti politique fédéral. Je suis indépendant. Mon parti est indépendant des partis politiques fédéraux. Je défends les intérêts du Québec en bénéficiant de cette totale liberté que j'ai de parler au nom de tous les Québécois, peu importe le parti politique au fédéral, ce qui n'est pas le cas de Mme Marois ni de M. Dumont ».
Sur Montréal-Nord
Le chef libéral a également commenté la décision de tenir une enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva, tué par un policier dans un parc de l'arrondissement Montréal-Nord au mois d'août dernier (lire notre nouvelle).
Jean Charest a indiqué n'avoir jamais fermé la porte à une enquête publique sur les événements. Même si les procureurs de la Sécurité publique ne porteront aucune accusation contre le policier qui a abattu le jeune homme, il estime qu'une enquête publique sera utile.
On va toujours en tirer des leçons. Il faut en tirer des leçons. Il y a également des enjeux qui débordent les circonstances tragiques de la perte de vie de ce jeune homme. Il y a également toute la question des questions sociales autour de Montréal-Nord. Toute la question de ce que nous devons faire pour nous assurer qu'il y ait une paix sociale et que les gens puissent vivre en sécurité. Ça aussi ça touche cet incident-là.
- Jean Charest
Restreindre l'utilisation du bâillon
M. Charest s'est également dit favorable à l'idée de restreindre l'utilisation du bâillon. Lors de son premier mandat, le gouvernement Charest a utilisé cette technique à plusieurs reprises pour adopter des projets de loi, notamment pour imposer les conditions de travail dans le secteur public québécois.
Le chef libéral a déclaré trouver « appropriée » l'idée d'adopter des règles pour limiter l'imposition du bâillon. M. Charest a indiqué qu'il fallait gouverner de manière le plus consensuelle possible.
Pas d'intervention à Hydro-Québec
En cette période de ralentissement économique, Jean Charest a par ailleurs indiqué qu'il n'interviendra pas pour empêcher une hausse des tarifs d'Hydro-Québec. La société d'État demande des hausses de tarifs de 2,2 % dès le premier avril 2009.
Le chef libéral a indiqué que c'est à la Régie de l'énergie de se pencher sur la demande d'Hydro-Québec. « La Régie de l'énergie existe justement pour recevoir ce type de requêtes là et de pouvoir entendre tous ceux qui sont concernés et de disposer d'une demande et de le faire dans le contexte justement d'une économie qui vit un ralentissement », a-t-il soutenu.
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