Péréquation

Charest savait, dit Marois

Mise à jour le samedi 29 novembre 2008 à 10 h 22
Pauline Marois

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Ottawa sabrera 1 milliard de dollars « avec la complicité du gouvernement de Jean Charest », qui savait, mais n'a rien fait, selon la chef péquiste Pauline Marois.

De passage dans une usine de Sept-Îles, Pauline Marois a affirmé vendredi que les réductions annoncées par Ottawa dans les paiements de péréquation versés au Québec remettent en question la crédibilité du gouvernement Charest.

À son avis, la ministre québécoise des Finances, Monique Jérôme-Forget, ne pouvait ignorer que le gouvernement Harper avait l'intention de procéder à des compressions de cette ampleur.

Le Québec perdra 20 fois plus que les 50 millions évoqués par Monique Jérôme-Forget au sortir de la rencontre fédérale des ministres des Finances.

- Pauline Marois

Elle accuse cette dernière d'avoir manipulé l'opinion publique en présentant des données erronées à des fins partisanes dans sa mise à jour rendue publique le lendemain.

Jean Charest a hâté la tenue du scrutin pour cacher de mauvaises nouvelles à la population, dont celle-là, soutient Pauline Marois.

En plus de se montrer outrée des pertes financières « catastrophiques » prévues pour le Québec, elle fait valoir que le chef libéral n'a plus aucun rapport de force vis-à-vis d'Ottawa.

Jean Charest est incapable de reprendre la bataille du déséquilibre fiscal, ce qui a des conséquences importantes sur l'avenir du Québec.

- Pauline Marois

Marois en colère...

La chef péquiste estime, par ailleurs, que l'énoncé économique du gouvernement Harper prouve que ce dernier ne comprend rien au Québec.

« Contrairement à ce que font tous les pays, déplore-t-elle, il n'y a rien dans ce plan pour relancer l'économie, c'est une attaque contre les valeurs et les intérêts québécois.

Elle poursuit que l'élection du Parti québécois « permettrait au Québec de retrouver son rapport de force avec un gouvernement fédéral entêté et qui nuit à son développement ».

... et Dumont, plus nuancé

Le chef de l'ADQ Mario Dumont hésite à blâmer le gouvernement Harper pour ses compressions dans la péréquation versée au Québec.

Il dit comprendre la nécessité de réduire les dépenses en période de difficultés économiques.

C'est à la base de son programme contrairement, dit-il, à l'approche des libéraux et des péquistes qui promettent des milliards de dépenses additionnelles.

M. Dumont réclame par ailleurs des transferts de 800 millions pour l'éducation post-secondaire.

Une forme étonnante

Vendredi, la chef souverainiste parcourait des circonscriptions péquistes sur la Côte-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie.

À Sept-Îles, elle a répété aux gens venus l'entendre l'importance du développement économique régional. Elle a donc énuméré toutes les mesures que son parti entendrait adopter.

Mme Marois s'engage notamment à maintenir les controversées mesures fiscales destinées aux régions-ressources. Elle veut aussi mettre à la disposition des régions un fond de 500 millions de dollars pour le capital-risque.

Depuis le débat de mardi, Pauline Marois mène sa campagne à un rythme effréné et affiche une forme étonnante.



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