Régie des rentes
![]() Photo: La Presse Canadienne /Clément Allard |
C'est un Jean Charest affichant une franche indignation qui a tenu un point de presse inattendu vendredi, devant l'Assemblée nationale de Québec, dans le seul but de dénoncer les propos de son adversaire adéquiste Mario Dumont sur la question des pensions de la régie des rentes.
Ne mâchant pas ses mots, le chef libéral a carrément déclaré que Mario Dumont s'était rendu « indigne de la confiance des citoyens » en menant selon lui une campagne de peur purement démagogique, lorsqu'il laisse entendre, devant des personnes âgées, que les paiements de retraite de la régie des rentes pourraient être amputés.
De son côté, le chef de l'ADQ Mario Dumont qualifie de bien maladroites les tentatives effectuées par Jean Charest pour rassurer les aînés quant à leurs prestations de retraite.
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En contexte
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Jeudi, dans une résidence de personnes âgées, M. Dumont est revenu sur la situation financière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Dans les pertes de la Caisse, tout ce que les travailleurs du Québec ont payé depuis trois ans a disparu. Toutes les cotisations de tous les travailleurs du Québec à la Régie des rentes du Québec, depuis environ trois ans, a disparu », a-t-il affirmé.
Selon M. Dumont, les personnes âgées pourraient écoper sévèrement. « Ce que je crains, parce que dans les journaux de Toronto mardi matin on disait qu'une des hypothèses que la Caisse de dépôt est obligée d'envisager est de couper les pensions de la régie des rentes », a-t-il dit. (lire le détail )Parlant de geste « irresponsable » de la part de Mario Dumont face à des personnes en situation de vulnérabilité.
Ce [que Mario Dumont] a dit est totalement faux, c'est une fausseté, il a choisi d'exploiter l'inquiétude, de semer la peur au nom de son bénéfice partisan.
- Jean Charest
Rarement, renchérit le chef libéral, a-t-il vu autant de cynisme dans le cadre d'une campagne électorale.
En versant dans cette campagne de peur odieuse, [Mario Dumont] s'est rendu indigne de représenter nos citoyens, et mérite d'être jugé sévèrement par la population.
- Jean Charest
Il pose un geste qui, à mes yeux à moi, est odieux, indigne, et il doit s'amender, conclut-il, ajoutant que la chef péquiste Pauline Marois a elle aussi donné, dans une certaine mesure, dans cette campagne de peur, en exigeant l'ouverture immédiate des livres de la Caisse de dépôt et placement
En perspective, retour sur la campagne de 2007
Le quotidien Le Devoir (26 février 2007), extrait: Selon Jean Charest, le « projet de pays » du Parti québécois met en danger le versement, par le fédéral, des chèques de « pensions de vieillesse, le supplément de revenu garanti » et d'autres chèques, comme les prestations pour enfants. Sans compter les transferts à l'État du Québec. Le chef libéral a qualifié de « délire » le fait que le PQ ait écrit dans sa plateforme qu'il « garantira la continuité des transferts fédéraux versés aux citoyens québécois ». Lire l'article de Robert Dutrisac et Antoine Robitaille |
Jean Charest ignore la situation de la Caisse
Comme premier ministre, a déclaré Jean Charest, je veux rassurer nos aînés et nos retraités, leur donner l'assurance que les pensions de retraite de la régie des rentes ne sont pas menacées. La solvabilité de la Caisse de dépôt et placement, ajoute-t-il, n'est pas compromise.
Laissons à la Caisse le soin de remplir son mandat, c'est une institution qui est solide, laissons-la gérer.
- Jean Charest
Il assure par ailleurs ne pas connaître l'état de la situation de la Caisse, celle-ci procédant actuellement à son évaluation annuelle, selon lui. « Je vais les connaître en même temps qu'ils vont les rendre publics ou à peu près (en février 2009) », a lâché M. Charest.
Le ministère québécois des Finances reçoit toutefois des rapports mensuels de la situation financière de la Caisse. « Les rapports mensuels sont là, ils peuvent certainement les transmettre au bureau du premier ministre », avait indiqué le président du conseil d'administration de la Caisse, Pierre Brunet, la semaine dernière (lire notre article à ce sujet). Mais M. Charest dit n'avoir « jamais demandé » cette information. « Je n'interviens pas dans les affaires de la Caisse. En cinq ans, je ne suis jamais intervenu dans les affaires de la Caisse de dépôt, a-t-il insisté. S'ils pensaient qu'il se passait quelque chose de hors-norme, ils le feraient », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la possibilité que les organismes gouvernementaux tels que la SAAQ puissent pâtir des rendements de la Caisse et donc, augmentent leurs tarifs, le chef libéral est resté évasif: « Ça dépendra de quelle façon les fonds vont évoluer. Ça va se régler sur une longue période de temps ».
Loin de montrer des signes de vouloir « s'amender », Mario Dumont a persisté et signé. En conférence de presse à Lévis, il est revenu longuement sur les éventuelles conséquences des pertes de la Caisse de dépôt et placement sur les personnes âgées. (Pour plus de détails)
Des promesses pour l'âge d'or
En fin de journée, le chef libéral a annoncé de nouveaux engagements électoraux destinés aux personnes âgées. Il promet d'augmenter de 10 000 le nombre d'aînés qui reçoivent des soins à domicile. De plus, il veut doubler la capacité provinciale des soins posthospitaliers en y ajoutant 500 lits, ce qui permettrait à 6000 patients d'en bénéficier (au lieu de 3000 aujourd'hui). Enfin, il propose de faire passer le nombre de places en « ressources intermédiaires » d'hébergement de 3000 à 3500 places.
Avec ces mesures qui s'élèvent à 140 millions de dollars, le chef libéral veut « dégager des espaces plus rapidement et envoyer les gens au bon endroit ».
La stabilité pour le Québec
Jean Charest a aussi commenté brièvement la tourmente politique qui déferle sur Ottawa (lire notre article). Il y voit les effets de l'élection d'un gouvernement minoritaire, une situation fragile qu'il veut éviter au Québec en temps de crise.
Il assure aussi avoir reçu la confirmation « formelle » d'Ottawa que le Québec recevra 8,35 millions de dollars pour 2009-2010. Cela représente un manque à gagner de 75 millions, par rapport aux prévisions de Québec.