Fusions municipales

Un mea-culpa pour Marois

Mise à jour le vendredi 28 novembre 2008 à 12 h 30
Pauline Marois

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Pauline Marois a fait, jeudi, le mea-culpa de son ancien gouvernement dans le dossier des fusions municipales de 2003.

En entrevue au quotidien Le Soleil, la chef du Parti québécois reconnaît que les fusions forcées se sont faites de façon malhabile et qu'elles n'ont pas apporté les économies escomptées.

Elle croit aussi que c'est à cause des fusions forcées que son parti semble avoir perdu la confiance des électeurs dans la région de la Capitale-Nationale. Pour elle, les fusions expliqueraient le mystère Québec.

« Je crois qu'il y a eu une cassure au moment où on a fait les fusions. Et elle prend du temps à se réparer. C'est dommage, parce que dans le fond, ici à Québec, c'est un endroit où l'on retrouve le plus beau résultat de cette décision, qui a mal passé chez les citoyens et qui nous a coûté très cher en 2003 », a-t-elle déclaré.

Elle fait référence au 400e de Québec, qui n'aurait peut-être pas connu le même succès si la capitale était encore morcelée. Elle fait valoir que les fusions ont amené une unité dans les prises de décision.

À son avis, Montréal n'est toutefois pas parvenue se tirer d'affaire.

La situation à Montréal est tellement catastrophique. Je suis tellement malheureuse de ça. C'est la cacophonie.

- Pauline Marois

Trop tard, dit Marois

Mme Marois concède que son gouvernement aurait pu faire les choses autrement. Il aurait pu par exemple imposer les fusions plus tôt dans son mandat. De cette façon, les gens auraient eu le temps d'en mesurer les avantages, suggère-t-elle.

« On n'a pas eu le temps de voir les effets positifs. [Les gens] sont restés en colère contre notre gouvernement sur ça. Il y a parfois des gestes qu'il faut poser et, sur le coup, ça fait mal un peu, mais après il y a tellement de bénéfices. »

Elle espère maintenant que la population passera l'éponge et redonnera confiance au Parti québécois.

La chef péquiste a beau critiquer les actions de son gouvernement dans le dossier des fusions, elle refuse toutefois de lancer la pierre à ses collègues de l'époque.

« Tout le monde me dit: " regrettez-vous? " Ce que je n'aime pas dans ça, c'est que c'est facile pour moi aujourd'hui de dire que ce n'était pas une bonne idée, pas une bonne décision. C'est facile, je me désolidarise de mon gouvernement, je me fous du monde qui était là dans ce temps-là. [ ... ] Je n'aime pas ça. C'est opportuniste de faire ça », admet-elle.

Retour sur la réforme municipale

Avant la réforme municipale de 2001, le Québec comptait 1306 municipalités locales, dont près de 85 % abritaient moins de 5000 habitants. Selon le gouvernement du Parti québécois, cette profusion de villes engendrait notamment des désavantages administratifs, des dédoublements inutiles, une sous-utilisation des équipements et des déséquilibres fiscaux importants.

Main tendue aux tiers partis

Pauline Marois demande par ailleurs aux militants de Québec solidaire et du Parti vert d'appuyer le Parti québécois pour éviter le fractionnement du vote de la gauche.

Avant les élections, la chef péquiste aurait tenté de se rapprocher de ces partis. Le déclenchement précipité de la campagne n'aurait toutefois pas permis d'aller plus loin, raconte-t-elle au journal.

Elle estime que ces militants auraient plus de chances de voir leurs idéaux se réaliser en appuyant le Parti québécois : « Je souhaite que les progressistes et les souverainistes du Québec et ceux qui croient à un environnement sain et à un progrès pour l'environnement joignent nos rangs et nous appuient. Parce nous avons la possibilité de le faire. »

En profondeur
Fusions, défusions : à l'heure des référendums

Le 20 juin 2004, les citoyens des villes fusionnées du Québec se sont prononcés. Résultat : 58 statu quo et 31 défusions.




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