[Québec]Premières Nations

Vives critiques du Plan Nord

Mise à jour le vendredi 28 novembre 2008 à 8 h 05
Chefs des Premières Nations

Les chefs des Premières Nations dénoncent les ambitions de Jean Charest pour le développement du Nord québécois. Le chef libéral a annoncé en septembre son Plan Nord visant l'exploitation du potentiel minier et hydroélectrique du territoire du Nord du Québec.

Or, les chefs des Premières Nations répètent qu'ils n'ont jamais cédé leurs droits sur ce vaste territoire. Ils menacent de bloquer le Plan Nord si leurs droits ne sont pas reconnus.

Le chef des Innus de Betsiamites, Raphaël Picard, affirme que son peuple doit être consulté. « Ce Plan Nord ne se fera pas sans qu'il y ait une reconnaissance de notre juridiction [...] Dans le concept qu'on nous a établi, le Plan Nord serait encore une grosse vadrouille qui éliminerait les peuples autochtones de leurs terres, et ça, on n'en veut plus. Le territoire a été trop saccagé sans qu'on tienne compte de notre titre et sans qu'on tienne compte de nos juridictions. »

Souveraineté des peuples autochtones

Les chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador ont adopté une déclaration pour affirmer la souveraineté des peuples autochtones. Ils soulignent que le droit international leur reconnaît un droit à l'autodétermination.

Ils estiment que les discussions des dernières années avec les paliers de gouvernement n'ont rien donné.

Les chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador n'ont pas indiqué par quels moyens concrets ils comptaient affirmer leur souveraineté.

Mario Dumont vivement critiqué

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Ghislain Picard (archives)

D'autre part, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-et-du-Labrador, Ghislain Picard, a profité de la conférence de presse sur la souveraineté des Autochtones sur le Nord québécois pour exprimer sa colère à l'égard du chef de l'ADQ, Mario Dumont.

Selon Ghislain Picard, le chef adéquiste a laissé entendre lors du débat des chefs que les Autochtones étaient des contrebandiers de cigarettes. Dans un échange avec le chef libéral, Mario Dumont a demandé à Jean Charest si la loi pouvait s'appliquer pour tout le monde, après avoir souligné que la contrebande de tabac faisait perdre 300 millions de dollars en revenus de taxes au gouvernement.

Le chef des Premières Nations du Québec a indiqué que le seul qualificatif qui lui venait à l'esprit était « imbécile ». Il a ensuite ajouté que les communautés autochtones sont « tannées d'être continuellement salies par de petits politiciens ». Ghislain Picard a aussi reproché à Pauline Marois et à Jean Charest de ne pas avoir réagi aux propos de M. Dumont.

Mario Dumont a réagi aux propos de Ghislain Picard, en tentant de préciser sa pensée: « Allez réécouter le débat, parce que j'ai été très, très, très délicat dans le choix des termes, pour bien m'exprimer, parce que c'est ça que je pense profondément, que des criminels, des contrebandiers, utilisent les territoires autochtones comme base pour leurs opérations. Je pense que de dire ça, ce n'est pas attaquer les communautés autochtones. Au contraire, c'est prendre la défense de l'ensemble des citoyens honnêtes dans ces communautés. »



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