Action démocratique du Québec

Charge contre Charest

Mise à jour le vendredi 28 novembre 2008 à 8 h 06
Mario Dumont

Le chef adéquiste a attaqué Jean Charest et le Parti libéral du Québec sur pratiquement tous les fronts possibles, jeudi.

D'abord, Mario Dumont a tiré une salve contre le chef libéral sur la santé, surtout sur la hausse du temps d'attente dans les urgences. Revenant sur une déclaration du bureau du ministre de la Santé parue dans La Presse jeudi matin, le chef adéquiste a accusé les libéraux de blâmer les personnes âgées pour la situation.

Ce qui m'a renversé complètement, c'est la réponse qui est venue à cette augmentation des temps d'attente à l'urgence. [...] Ce matin, ils ne blâment plus l'ancien gouvernement, ils ne blâment plus l'opposition, ils blâment les personnes âgées. Ils disent la faute au débordement des urgences, c'est les personnes de 75 ans et plus.

- Mario Dumont

M. Dumont assure qu'il n'est rien de plus faux, donnant en exemple que le temps d'attente à Sainte-Justine, où l'on traite des enfants, a augmenté aussi.

« C'est la stratégie libérale depuis le début, ils ne sont responsables de rien. Même le débat, qui a mal été pour M. Charest, c'est de la faute de la formule. C'est toujours la faute de quelqu'un d'autre », a-t-il ajouté.

La Caisse et la Régie des rentes

Dans une résidence de personnes âgées, M. Dumont est revenu sur la situation financière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Dans les pertes de la Caisse, tout ce que les travailleurs du Québec ont payé depuis trois ans a disparu. Toutes les cotisations de tous les travailleurs du Québec à la Régie des rentes du Québec, depuis environ trois ans, a disparu », a-t-il affirmé.

Mario Dumont

Selon M. Dumont, les personnes âgées pourraient écoper sévèrement. « Ce que je crains, parce que dans les journaux de Toronto mardi matin on disait qu'une des hypothèses que la Caisse de dépôt est obligée d'envisager est de couper les pensions de la régie des rentes », a-t-il dit.

Il en a profité pour redemander à Jean Charest la publication des résultats de la caisse avant le 8 décembre pour que les gens aient une idée claire de la situation.

Ma crainte à moi, c'est que le 8 décembre on vous fasse voter, puis que le 22 janvier ou le 14 février, quelques semaines plus tard, on vous annonce une mauvaise nouvelle. Les bonnes nouvelles avant les élections, les mauvaises nouvelles après.

- Mario Dumont

Sur les dons des avocats

En point de presse, Mario Dumont a commenté les dons des avocats aux partis politiques. Une enquête de la radio de Radio-Canada révèle en effet que 10 des 23 juges nommés à la Cour du Québec, depuis février 2007, ont contribué à la caisse libérale ces dernières années. Les autres juges n'ont donné d'argent à aucun parti (lire notre nouvelle).

Selon M. Dumont, ce n'est pas le système de justice ou encore le processus de nomination des juges qui est à l'origine du problème, mais plutôt le PLQ.

« Ça, c'est Jean Charest qui disait hier [mercredi], qui se pétait les bretelles, qu'il était un homme avec les mains libres. Disons que la coïncidence avec la sortie du reportage est intéressante. Pour le reste, ce que je vois, c'est qu'il était minoritaire durant cette période-là. Probablement que, s'il avait été dans un gouvernement majoritaire, ça aurait été 20 sur 23 au lieu de 10 sur 23. Parce que le rythme des nominations partisanes [...] des 18 premiers mois entre 2003 et 2004, je pense qu'on était rendu à 1500 ou 1600 nominations partisanes. [...] Ce n'est pas pour les Québécois qu'il veut être majoritaire », a déclaré le chef adéquiste.

« Elle veut détruire l'ADQ », dit Dumont

Le chef adéquiste a aussi réservé quelques flèches à la chef péquiste Pauline Marois.

En entrevue à une radio privée, le chef adéquiste a accusé son homologue péquiste de vouloir la fin de son parti et le retour au bipartisme.

« Elle mise beaucoup beaucoup sur le retour du bipartisme. Elle ne veut rien enlever à Jean Charest. Elle veut détruire l'ADQ. Je trouve ça intéressant, parce qu'au débat, elle disait qu'elle voulait travailler sur nous autres. Je pense qu'il y a des électeurs qui vont voir un visage à deux faces », a-t-il dit.

M. Dumont réagissait aux allégations de Pauline Marois selon lesquelles le système parlementaire actuel est construit autour de deux partis majeurs.

En point de presse, jeudi matin, la chef péquiste a toutefois nié vouloir la fin de l'ADQ. « Tant mieux », a répliqué Mario Dumont plus tard devant les journalistes.

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La pertinence de l'ADQ

Au cours de ses nombreuses entrevues aux médias jeudi matin, Mario Dumont est longuement revenu sur son message lancé mercredi pour prévenir une désaffection des électeurs adéquistes le jour du vote. Il a réaffirmé que, selon lui, les 31 % d'électeurs qui ont voté pour l'ADQ à la dernière élection ont eu de l'influence sur les politiques adoptées par le gouvernement. Il a notamment donné une nouvelle fois l'exemple du retour des bulletins chiffrés. Il leur demande donc de lui faire de nouveau confiance le 8 décembre.

Il a réaffirmé que, selon lui, l'ADQ est le seul des trois principaux partis à l'Assemblée nationale à présenter un programme différent.

En ce qui concerne son avenir, il a précisé qu'il accepterait le mandat que lui confieront les Québécois le 8 décembre. Selon lui, toutes les fonctions ont de l'influence.



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