Éducation

Trois capitaines, trois bateaux

Mise à jour le mardi 25 novembre 2008 à 23 h 24
Les trois chefs Pauline Marois, Mario Dumont et Jean Charest, lors du débat du Québec

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Sur la question de l'éducation et de la famille, une question du public portait sur la réussite scolaire et sur les mesures à apporter pour contrer le décrochage et aider les enseignants à assurer leur lourde tâche auprès des enfants en difficulté.

Dans des visions franchement irréconciliables, mais sur un ton légèrement moins acrimonieux que lors des précédents thèmes, chacun a présenté ses engagements.

Jean Charest a défendu son bilan, affirmant avoir gardé les dépenses en éducation à un niveau assez bas tout en ayant investi aux bons endroits, ce qu'ont nié les adversaires.

Une fois de plus, Jean Charest a affirmé avoir hérité du précédent gouvernement péquiste une pénurie d'enseignants et une réforme boiteuse.

Il faut avoir de la compassion pour ceux qui ont souffert de vos décisions.

- Jean Charest

Sur ce thème, Mario Dumont a accusé ses deux adversaires de partager la même vision des choses, d'offrir les mêmes programmes. L'Action démocratique par contre, dit-il, saura ramener dans les classes des valeurs fondamentales évacuées par une réforme Marois entérinée par les libéraux: le travail, le sentiment d'appartenance, le goût de l'effort.

Vous n'avez rien réparé de la réforme Marois, vous vous êtes assis sur vos mains.

- Mario Dumont

Il a dénoncé « la bureaucratie lourde », attaquant le principe des commissions scolaires (que son parti veut abolir). Une proposition que Jean Charest a tournée en dérision car, dit-il, ces commissions jouent un rôle essentiel, en région, par exemple. D'ailleurs, il affirme qu'il y a dissension sur cette question au sein même de l'ADQ, ce qu'a nié Mario Dumont.

Sur la question des services de garde, Mario Dumont a reproché aux libéraux et aux péquistes de vouloir ôter le droit de choisir aux familles en leur imposant les CPE. Son parti, rappelons-le, propose de donner directement 100 $ par mois par famille par enfant pour les services de garde.

Pauline Marois accuse Jean Charest d'avoir failli en ne suivant pas la croissance de la natalité avec des nouvelles places en garderie.

En Abitibi, il y a eu 1500 naissances, vous avez offert 50 places.

- Pauline Marois

En plus, dit Mme Marois, Jean Charest a violé sa promesse de ne pas augmenter les tarifs des CPE, alors « comment peut-on lui faire confiance? »

Si le Québec est le paradis des familles, c'est à cause de l'implantation des centres de la petite enfance.

- Pauline Marois

Mario Dumont trouve que sur l'éducation et la famille, Jean Charest n'a certes pas su gérer le bateau, mais que Pauline Marois « était le premier capitaine ».

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