Économie

La Caisse, la crise et les coffres

Mise à jour le mardi 25 novembre 2008 à 23 h 23
Les trois chefs à la table du débat

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Plat de résistance de ce débat des chefs, l'économie a donné lieu à de vifs échanges.

En réponse à la question d'un retraité qui se demandait ce que les partis allaient faire face à l'effondrement de la valeur des caisses de retraite, chacun y est allé de ses propositions.

Jean Charest considère que la crise est mondiale et il propose plusieurs mesures d'ajustement au niveau de la fiscalité. Le chef libéral ajoute que « la meilleure façon d'aider quelqu'un, c'est de lui donner un chèque de paie », en vantant son programme d'investissement dans les infrastructures qui s'élève à 47 milliards, selon lui. Il ajoute que les deux autres partis veulent créer de l'endettement hypothécaire, « une des causes de la crise ».

La chef péquiste se dit prête à encaisser des déficits pendant un certain temps, pour corriger la situation une fois la tempête passée. Elle estime qu'il faut « d'abord redonner confiance aux consommateurs », vantant au passage sa proposition de donner un crédit d'impôt de 200 $ aux ménages qui reçoivent un crédit d'impôt sur la TVQ. À moyen et à long terme, elle propose d'investir pour sortir de la crise. Enfin, Mme Marois reproche à Jean Charest d'avoir déclenché des élections « pour camoufler qu'il n'a rien à proposer ». Elle a aussi décoché une flèche à l'intention de Mario Dumont: « Quand advient une situation difficile, on peut pas couper dans l'aide sociale ».

Quant à Mario Dumont, il propose de réduire les dépenses de l'État pour redonner ces sommes à la classe moyenne. « La dernière chose à faire, c'est promettre des milliards », croit-il. Il a aussi jeté l'opprobre sur le chef libéral pour cette campagne électorale en période de crise. « Si l'économie était vraiment sa priorité, on n'aurait pas eu d'élections », a-t-il lancé à l'adresse de Jean Charest.

La Caisse de dépôt et placement du Québec

La Caisse de dépôt et placement du Québec a occupé une place prépondérante dans ces échanges. Tant M. Dumont que Mme Marois reprochent à Jean Charest de refuser de divulguer les chiffres sur la situation de la Caisse. « Vous avez la responsabilité, en tant que chef de l'État, de dire la vérité aux Québécois », a lancé la chef péquiste.

M. Dumont a cité, de son côté, les données de mardi matin alléguant que la Caisse aurait liquidé 10 milliards de dollars d'actifs. « Les gens ont su ce matin qu'il y avait eu des ventes d'actifs importants de la Caisse et que leurs pensions étaient menacées par Toronto », a-t-il affirmé. Il reproche à Jean Charest de cacher l'ampleur des pertes.

Le premier ministre sortant estime, quant à lui, que les performances du bas de laine des Québécois ne se jugent pas « sur dix jours ou sur dix mois ». « La pire chose à faire, ce serait de politiser la Caisse », a-t-il déclaré, Caisse qui doit rester « indépendante ». Il affirme que les informations publiées sont fausses. Il ajoute que son opposant adéquiste prévoyait des pertes pour la Caisse l'année dernière, ce que M. Dumont a contredit avec vigueur.

La saga de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Lisez ou relisez les points de vue des différents partis sur la situation de la Caisse:

Le déficit

L'équilibre budgétaire a aussi constitué un point de discussion animé. « Aucun gouvernement n'empêchera la crise d'arriver, estime Mario Dumont. On va couper les dépenses pour redonner à la classe moyenne ». Il souligne qu'un gouvernement adéquiste ne créerait pas de déficit, contrairement aux deux autres partis, selon lui. Au sujet du cadre financier libéral, il estime d'ailleurs qu'il s'agit d'un « document truffé d'erreurs pour faire croire que la situation économique va bien ». Et de rappeler qu'il propose de vendre une partie des actifs d'Hydro-Québec, afin de rembourser 10 milliards de la dette de l'État.

Des chiffres et des critiques

Le cadre financier du Parti libéral a reçu plusieurs critiques. Lisez ou relisez nos articles à ce sujet:

Pauline Marois estime, de son côté, que le gouvernement libéral va laisser un déficit de 6 milliards en héritage. Au passage, elle a vanté son expérience: « La seule personne autour de la table qui ait déjà fait face à un ralentissement économique, c'est moi ».

Le chef libéral lui a reproché d'avoir laissé un déficit de 4,3 milliards lorsque le Parti québécois était au pouvoir et de l'avoir caché à la population, mais pas à son caucus. Mme Marois a nié d'un « jamais de la vie ». M. Charest affirme aussi que la dette a diminué par rapport au PIB. Enfin, il estime que son gouvernement n'a pas mis le Québec en déficit, s'appuyant sur le rapport du vérificateur général (lire notre article à ce sujet).

Des partis et des cadres

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