Débat des chefs

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Mise à jour le mercredi 26 novembre 2008 à 9 h 09
Les trois chefs Pauline Marois, Mario Dumont et Jean Charest, lors du débat du Québec

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Moment-clé de la campagne: le débat des chefs a mis en présence les chefs des trois grands partis Jean Charest, Mario Dumont et Pauline Marois. Laissons aux analystes (surveillez notre site) le soin de déterminer qui émergera en vainqueur de cette joute, et quel en sera l'impact sur les électeurs qui se rendent aux urnes le 8 décembre afin de décider s'ils donnent une nouvelle fois leur confiance au premier ministre sortant ou s'ils veulent le changement.

En tout cas, les spectateurs auront pu assister à deux heures solides, enlevantes, avec des échanges parfois très durs et débridés, cacophoniques de temps en temps, forçant l'animateur à intervenir pour calmer le jeu. Mais aussi plus spontané que dans l'ancien format auquel nous étions habitués.

Réactions à chaud

Les trois chefs commentent leur performance respective au débat des chefs (lire notre article).

En ouverture

À qui allons-nous faire confiance?

- Jean Charest

Dès l'ouverture, le premier ministre sortant Jean Charest a répété qu'en des temps économiquement difficiles, il fallait un gouvernement stable, alors que Pauline Marois a attaqué tout net la décision de Jean Charest de déclencher des élections.

L'élection d'abord, la vérité plus tard.

- Pauline Marois

Mario Dumont, lui, a vanté les progrès accomplis grâce à l'action de son parti à l'Assemblée nationale, invitant les électeurs à lui faire confiance.

Les gens qui ont voté pour l'ADQ à la dernière élection ont eu de l'influence.

- Mario Dumont

Quatre sujets

Les candidats croisaient le fer sur quatre thèmes:

  • santé, mission sociale et rôle de l'État;
  • finances publiques et défis économiques;
  • éducation et famille;
  • le Québec de demain.

La santé, mission sociale et rôle de l'État

Sur le premier thème, les échanges étaient vifs et les accusations fusaient, en partie grâce à une formule plus souple qui donnait aux rivaux la liberté de s'enterrer mutuellement sous les accusations.

Jean Charest et Pauline Marois accusaient Mario Dumont de vouloir ouvrir la porte toute grande au privé en santé, et le chef libéral reprochait à Pauline Marois de lui avoir légué une situation intenable.

Finances publiques et défis économiques

Les chefs ont ensuite confronté leur conception d'un gouvernement responsable et efficace, particulièrement en temps de crise. Investissements étatiques pour Jean Charest, confiance des consommateurs pour Pauline Marois et réduction de la taille de l'État pour Mario Dumont; les solutions diffèrent et s'opposent.

La Caisse de dépôt et placement du Québec a aussi été au coeur des échanges. Tant Mme Marois que M. Dumont reprochent au chef libéral de ne pas dévoiler les chiffres de la situation de la Caisse.

Quant à l'équilibre budgétaire, le premier ministre sortant et l'ancienne ministre des Finances péquiste ont croisé le fer sur les déficits prétendus des uns et des autres. Le chef adéquiste leur reproche d'avoir creusé un trou dans les finances publiques.

Éducation et famille

Sur la question de l'éducation et de la famille, une question du public portait sur la réussite scolaire et les mesures à apporter pour contrer le décrochage et aider les enseignants à assurer leur lourde tâche auprès des enfants en difficulté.

Dans des visions franchement irréconciliables, mais sur un ton légèrement moins acrimonieux que lors des précédents thèmes, chacun a présenté ses engagements.

Le Québec de demain

Ce débat lancé a donné lieu à une autre série d'échanges sans relâche.

À une question d'un citoyen qui s'inquiétait du déclin démographique du Québec et de la perte de son poids dans la fédération, les chefs ont eu des réponses différentes.

Pauline Marois a fait remarquer qu'il ne fallait pas se laisser leurrer par le concept de nation québécoise reconnue par Ottawa, car, selon elle, « cela ne signifie absolument rien ». La solution, a-t-elle ajouté, « c'est de faire notre pays, mais d'ici là, nous pouvons faire des batailles ensemble ».

Pour la première fois en 30 ans, l'indépendance du Québec ne constituait pas l'un des grands enjeux de ces élections.

Québec solidaire participait virtuellement

La porte-parole principale de Québec solidaire, Françoise David, participait au débat des chefs à sa manière: en s'adressant aux électeurs sur son site Internet et répondant point par point (lire notre résumé des propos de Mme David).

Sur la formule

Pour cette campagne, le consortium des télédiffuseurs et les partis politiques se sont entendus pour adopter une nouvelle formule, afin de permettre des échanges plus directs entre les participants. Autre nouveauté: les trois chefs sont assis autour d'une table au lieu d'être debout derrière un lutrin.

Cette nouvelle formule n'avait toutefois pas suscité l'unanimité dès le départ, le chef libéral se montrant réticent à l'adopter avant de s'y rallier pour l'essentiel (lire notre article à ce sujet).

Pauline Marois au débat des chefs

Pauline Marois reproche à Jean Charest d'avoir déclenché des élections

Quelques heures avant le débat, les stratèges libéraux estimaient que cette formule allait placer Jean Charest au centre de tirs croisés de ses deux opposants. « On peut supposer avec assez de certitudes que, dans les échanges libres, il va être la cible nourrie des deux adversaires », a dit John Parisella, stratège auprès de Jean Charest.

Les stratèges péquistes et adéquistes n'ont pas cherché à le cacher: chacun des deux autres chefs cherchera à attaquer le premier ministre sortant, notamment sur la situation à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

« On espère que ce sera une bonne occasion d'enlever une couche de téflon parce qu'il y a des questions auxquelles M. Charest a à répondre. Ce qui se passe à la Caisse de dépôt. Ce qui se passe à l'économie. Les chiffres qui sont moins bons aux Finances », a déclaré Nicole Stafford, chef de cabinet de Pauline Marois.

« Les gens seront en mesure de former leur propre opinion lorsqu'on va demander à M. Charest de justifier pourquoi la Caisse de dépôt ne donne pas ses chiffres », a ajouté, pour sa part, Pierre Brien, candidat de l'ADQ et conseiller de Mario Dumont.

Une première

Le débat revêtait un caractère historique, car c'était la première fois dans l'histoire du Québec qu'une femme participait au débat des chefs. En effet, la chef péquiste Pauline Marois en était à sa première présence dans ce genre d'exercice. Mme Marois a admis ressentir de la nervosité et elle s'y préparait d'ailleurs de façon intensive depuis samedi.

Le chef libéral Jean Charest et le chef adéquiste Mario Dumont en étaient tous les deux à leur quatrième débat des chefs du Québec. C'était le seul débat télévisé des chefs des trois principales formations politiques québécoises avant les élections provinciales anticipées du 8 décembre.

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