Parti libéral du Québec
![]() Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot |
Le cadre financier du Parti libéral du Québec, dévoilé en fin de semaine, suscite bien des questionnements parmi les économistes. Le chef libéral Jean Charest chiffre en effet à 1,5 milliard de dollars sur 5 ans les coûts de ses engagements électoraux (lire la nouvelle). Mais pour arriver à des dépenses de 300 millions supplémentaires par année, les libéraux tablent sur une croissance du PIB de 0,6 % en 2009 (lire notre nouvelle).
Or, des économistes soutiennent que ces prévisions de croissance sont trop optimistes en cette période de crise financière mondiale. « Ces prévisions sont à la baisse, c'est très clair. Dans les dernières semaines, les prévisions économiques sont devenues beaucoup plus pessimistes. Moi, je m'attends à ce qu'au Québec, il va falloir réduire », dit Jean-Pierre Aubry, président du Comité des politiques publiques de l'Association des économistes québécois.
Le PIB et le gouvernement
Selon le vérificateur général du Québec, chaque diminution de 1 % du PIB de la province signifie des pertes d'environ 500 millions pour le gouvernement. |
D'autres économistes s'interrogent sur les sources de revenu du gouvernement, surtout ceux provenant de la péréquation. Selon la nouvelle formule de calcul qui doit bientôt être adoptée, les paiements seraient limités au taux de croissance du PIB. Pour l'économiste Nicolas Marceau, de l'UQAM, le Québec pourrait en souffrir.
« Pour chaque dollar de péréquation, le Québec en reçoit environ la moitié. Donc, on peut avoir des coupes importantes dans l'économie du Québec si effectivement l'économie canadienne croît très lentement. Ce n'est pas du tout ça, ce que le ministère des Finances avait prévu », dit-il.
Un document trop optimiste?
Lors de sa mise à jour économique du 4 novembre dernier, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, avait fait référence à un document de son ministère pour montrer que le Québec attirait des milliards de dollars en investissements d'entreprises. Or, selon le Journal de Montréal, le document en question, intitulé Le point sur la situation économique et financière du Québec, est imprécis et truffé d'erreurs. |
Finalement, l'augmentation des dépenses en infrastructures soulève aussi des doutes. De 2008 à 2013, le PLQ veut faire passer les dépenses du programme d'infrastructures de 37 à 41 milliards. Ces quatre milliards supplémentaires n'apparaissent nulle part dans le cadre financier, car ils étaient prévus dans la mise à jour économique du gouvernement présentée la veille du déclenchement des élections. Cette somme devra être empruntée, et le cadre des libéraux demeure muet sur les coûts de remboursement et d'amortissement.
Avec l'aide d'un reportage de Janic Tremblay.
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