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1,5 milliard pour le plan Charest

Mise à jour le samedi 22 novembre 2008 à 17 h 59
Jean Charest devant le Conseil des relations internationales, à Montréal, le 30 septembre 2008

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Le premier ministre Jean Charest

Le chef libéral Jean Charest chiffre à 1,5 milliard de dollars sur 5 ans les coûts de ses engagements électoraux.

Dans les faits toutefois, les promesses libérales coûteraient deux fois plus cher si on tenait compte de la totalité des dépenses prévues et pas seulement de l'intérêt sur la dette.

Du montant total dévoilé par Jean Charest, 938 millions seront dépensés en diverses mesures budgétaires, c'est-à-dire en dépenses additionnelles, par exemple pour de nouvelles places dans les garderies et pour la gratuité des premiers traitements de fécondation in vitro.

Un total de 485 millions est prévu pour diverses mesures fiscales, par exemple un plan de rénovation domiciliaire et les déductions pour revenus de travail des personnes âgées.

Finalement, 82 millions seront dépensés au service de la dette, notamment le financement d'une avance de 1 milliard à la Société générale de financement du Québec (SGF) et le Fonds pour les infrastructures du Plan Nord. Il faut savoir que ces 82 millions de dollars représentent seulement les intérêts sur la dette, laquelle dépasse 1,6 milliard de dollars.

Le plan des libéraux nécessitera des dépenses supplémentaires de 204 millions de dollars en moyenne par année, ce qui représente une croissance de 0,3 % des dépenses budgétaires. Jean Charest compte sur une augmentation prévue des revenus de l'État pour financer ces dépenses supplémentaires.

Un déficit caché, selon le PQ et l'ADQ

Ce cadre financier a suscité la critique du Parti québécois. Le porte-parole en matière de finances, François Legault, estime que la grande différence avec le cadre de son parti, présenté vendredi, est que Jean Charest « ne dit pas la vérité aux Québécois » au sujet d'un possible déficit. « Il a les mêmes projections de revenus et de dépenses pour les deux prochaines années. Nous, on appelle ça un déficit quand les dépenses excèdent les revenus. Lui, il appelle ça un budget en équilibre, parce qu'il utilise une supposée réserve », a-t-il lancé.

Le candidat péquiste soupçonne aussi la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, de cacher la situation de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il la somme de faire le point sur celle-ci.

Du côté adéquiste, Mario Dumont estime que le Parti libéral entraînerait le Québec en déficit s'il était réélu. « Depuis la gouverne de Lucien Bouchard, le Québec a fait beaucoup de sacrifices pour le déficit zéro. On a l'impression que, le temps de quelques semaines dans cette campagne, [il y a ] un engouement pour des énormes promesses de milliards ». Et d'ajouter: « On est en train d'hypothéquer la prochaine génération pour essayer d'acheter cette élection ».

Il croit que le cadre financier libéral est similaire à celui des péquistes, à une différence près: « Les péquistes hier, c'était déficit dévoilé. Les libéraux, c'est déficit caché. Dans un cas comme dans l'autre, c'est du pareil au même ». Le chef adéquiste en a profité pour vanter son cadre, qu'il qualifie de « sérieux » et de « très prudent ».

Le plan du Parti libéral du Québec

Mesures budgétaires

  • Nouvelles places en services de garde: 195 millions $
  • Gratuité des premiers traitements de fécondation in vitro: 35 millions $
  • Reconduction du programme Rénovation Québec et du programme Adaptation de domicile: 50 millions $
  • Prolongement du Fonds minier: 10 millions $
  • Géologie Québec: 5 millions $
  • Politique de reboisement: 20 millions $
  • Programme Québec dans votre assiette: 16 millions $
  • Bureau de promotion des produits alimentaires du Québec: 10 millions $
  • Encourager l'entrepreneuriat féminin: 5 millions $
  • Réduction du ratio élèves-enseignant: 200 millions $
  • Encourager les activités sportives et culturelles à l'école: 20 millions $
  • Mesures pour la formation de la main-d'oeuvre: 20 millions $
  • Embauche de professeurs universitaires: 35 millions $
  • Indexation d'aide financière aux études: 25 millions $
  • Mesures pour la valorisation du travail des infirmières: 66 millions $
  • Porter à 300 le nombre de groupes de médecine familiale: 61 millions $
  • Bonification du Fonds de recherche consacré à la lutte contre le cancer: 10 millions $
  • Programme de formation aux intervenants et bénévoles qui oeuvrent auprès des personnes atteintes d'un cancer: 5 millions $
  • Investissements supplémentaires pour les aînés en perte d'autonomie: 140 millions $
  • Soutien à la production cinématographique: 10 millions $
  • Total des mesures budgétaires: 938 millions $

Mesures fiscales

  • Bonification du crédit d'impôt pour services de garde: 20 millions $
  • Plan de rénovation domiciliaire: 250 millions $
  • Déduction pour revenus de travail des personnes âgées: 100 millions $
  • Bonification du crédit pour jeunes diplômés qui retournent en région: 40 millions $
  • Congé fiscal de 10 ans pour la mise en valeur de la propriété intellectuelle: 2 millions $
  • Bonification de 35 % à 50 % du crédit d'impôt remboursable pour contrats de recherche universitaire: 3 millions $
  • Élimination de la TVQ pour les produits culturels: 50 millions $
  • Bonification du crédit d'impôt pour les productions cinématographiques et télévisuelles: 20 millions $
  • Total des mesures fiscales: 485 millions $

Mesures financées par le service de la dette

  • Fonds pour les infrastructures du Plan Nord: 12,5 millions $ (250 millions $ sur 5 ans)
  • Développement du transport en commun: 10 millions $ (Montréal - 196 millions $)
  • Investissements en infrastructures: 7 millions $ (capitale nationale - 135 millions $)
  • Avance de 1 milliard à la SGF: 50 millions $
  • Fonds de démarrage d'entreprises: 2,5 millions $ (contribution gouvernementale de 50 millions $)



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