Santé - Action démocratique du Québec

Dumont accuse Charest de lâcheté

Mise à jour le mercredi 19 novembre 2008 à 21 h 57
Mario Dumont à l'hôpital Sainte-Justine

Mario Dumont à l'hôpital Sainte-Justine

C'est devant une institution montréalaise aux prises avec des difficultés importantes que le chef de l'Action démocratique du Québec, dans un contexte de sondages qui donnent son parti à la traîne, a choisi de semoncer le chef libéral Jean Charest.

Mardi, on apprenait que le manque de ressources paralysait les urgences de l'hôpital Sainte-Justine de Montréal. Près de 20 % des enfants reçus repartent sans avoir consulté un médecin, selon un document interne de l'établissement. Le chef des urgences, le docteur Michael Arsenault, estime que la situation est devenue dangereuse et qu'elle présente des risques d'interruption des services. (Lire la nouvelle à ce sujet)

Souhaitant secouer le manque d'intérêt des électeurs au sujet de la présente campagne (élément également relevé dans le sondage), Mario Dumont a accusé Jean Charest de lâcheté dans le dossier de Sainte-Justine et plus largement dans celui de la santé.

Il reproche au premier ministre de se tenir sciemment loin des problèmes potentiellement dommageables pour son image, comme celui des lacunes criantes dans le système de santé, dont Sainte-Justine, dit-il, est une illustration.

Mario Dumont rappelle qu'en 2003, avant d'être élu pour son premier mandat, Jean Charest, « regardant les Québécois dans les yeux », s'était engagé à régler le problème des listes d'attente dans la santé. Or, selon lui, même en ne regardant que les 18 derniers mois, la situation a nettement empiré.

Ici même, l'ampleur de l'attente a augmenté. Le nombre d'attentes en chirurgie a augmenté de 30 %. Actuellement, 5500 enfants sont en attente d'une chirurgie dont 2700 hors délais. Un enfant sur 5 repart [de l'urgence de Sainte-Justine] sans voir un médecin.

- Mario Dumont

L'ADQ a rappelé ses propres engagements en santé. Elle dit vouloir permettre la mise en place, « à l'image des modèles européens comme la France ou la Suède, d'un système de santé mixte public-privé afin de bénéficier de l'apport financier supplémentaire du secteur privé tout en garantissant l'accès à des soins de qualité pour tous les citoyens du Québec. »

Appui aux éducatrices en milieu familial

En soirée, Mario Dumont a donné son appui aux revendications de l'Association des éducatrices en milieu familial du Québec. Celle-ci réclame plus de flexibilité de la part du gouvernement par rapport à l'organisation du travail. L'ADQ devient ainsi le premier parti à appuyer cette cause.

M. Dumont s'oppose cependant à la syndicalisation des éducatrices, jugeant qu'elles sont des travailleuses autonomes. Les éducatrices elles-mêmes demeurent divisées sur la question.

Un premier ministre déconnecté, selon l'ADQ

Tout le monde, déclare Mario Dumont, sent que l'intérêt du gouvernement pour la question de la santé est nul. Et dans ce dossier, selon lui, le premier ministre ne fait que pelleter les accusations dans la cour de son adversaire péquiste, ce que dénonce l'ADQ.

Quand cela fait 5 ans et demi qu'on est au pouvoir, le coffre d'outils du pouvoir est entre nos mains.

- Mario Dumont

Le pavillon Lucie et André Chagnon du CHU Sainte-Justine

Il ajoute que, sur cette question comme sur d'autres, telles que l'aide aux régions ou les difficultés de l'industrie manufacturière, « la stratégie de Charest, c'est de se tenir loin. »

En ceci, juge Mario Dumont, Jean Charest se place nettement en rupture avec tous les premiers ministres antérieurs du Québec, que ce soit les Lucien Bouchard, Robert Bourassa ou Bernard Landry.

Quand les gens crient à l'aide, il n'y a personne qui répond....

- Mario Dumont

Sur la richesse du Parti libéral

Mario Dumont juge que le Parti libéral, sous la direction de Jean Charest, est devenu un parti riche, et « une business », proche des gens « riches et célèbres ».

Il s'interroge ouvertement sur le miracle de financement de ce parti, même durant les années où le gouvernement libéral était très impopulaire et que le taux d'insatisfaction était très élevé. Il affirme que si on transposait les succès des libéraux du Québec sur la scène fédérale, les conservateurs auraient pu récolter une quarantaine de millions de dollars au Canada. Mario Dumont estime que les écarts de richesse entre les libéraux et les autres partis posent des questions sur la santé de la démocratie au Québec.

Un avertissement

Mario Dumont lance d'ailleurs un avertissement aux électeurs: si la députation adéquiste s'affaiblit à l'issue du scrutin du 8 décembre, il faut s'attendre à supporter longtemps un gouvernement encore plus loin des préoccupations de la classe moyenne et des familles.

Face à une campagne empreinte de « cynisme », avec deux partis qui, dit-il, présentent les mêmes vieilles idées qui n'inspirent personne, une campagne qui « vise à la démobilisation », le chef adéquiste présente son parti comme le seul capable de « pointer vers le haut, vers des solutions ».

Nommez-moi un enjeu du PQ et du PLQ qui a lancé une réflexion.

- Mario Dumont

Mario Dumont était accompagné de candidats adéquistes de la grande région de Montréal ainsi que du Dr Paul-Emile Barbeau, candidat de l'ADQ dans le comté Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

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