Parti québécois
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Après Jean Charest qui y a lancé sa campagne, c'était au tour de la chef péquiste de s'adresser à la Chambre de commerce de Québec mercredi.
Il faut dire que la région de Québec demeure un enjeu important pour les partis. Récemment, le chef libéral Jean Charest y annonçait une série de mesures, suivi par Mme Marois elle-même. Mardi, loin d'être en reste, le chef de l'Action démocratique du Québec y faisait une annonce (lire Dépolitiser les mégaprojets).
Un enjeu de taille
Aperçu des élus du dernier scrutin pour la région de la Capitale-Nationale: ADQ: 7, LIB: 2, PQ: 2 |
Pendant son allocution, Pauline Marois a attaqué la gestion de l'économie par le gouvernement libéral sortant et a défendu son bilan lorsque le Parti québécois était au pouvoir.
Mme Marois a accusé son adversaire libéral d'avoir fait reculer le Québec et son économie depuis son arrivée au pouvoir en 2003. Elle dit ainsi que M. Charest se présente comme le gardien de l'économie, alors qu' il a supprimé 1 milliard de dollars dans les mesures de développement économique et annulé un plan de réduction de la taxe sur le capital. Elle lui a également reproché d'avoir changé le mandat de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Selon elle, il s'agit là d'un « vote de non-confiance envers l'économie québécoise, les entreprises et les entrepreneurs ».
Devant son auditoire québécois, Mme Marois a accusé Jean Charest de ne pas avoir mené à terme de grands projets majeurs pour la région, comme le Centre des foires et le PEPS de l'Université Laval. Elle en a profité pour rappeler qu'elle soutenait ses projets, de même que plusieurs autres dans la région, comme celui de construire un nouveau Colisée et de terminer la promenade Samuel-De Champlain (lire la nouvelle). Rappelons toutefois qu'au cours de la campagne, Jean Charest s'est lui aussi engagé sur ces projets (lire la nouvelle).
Pauline Marois a également mentionné une nouvelle fois ce qu'elle appelle les « fiascos » du gouvernement libéral, comme le CHUM et l'îlot Voyageur de l'UQAM.
« J'ai le sentiment que nous venons de perdre cinq ans faute de leadership », a-t-elle déclaré.
La chef péquiste a ensuite affirmé que, sous le gouvernement libéral, la croissance économique réelle du Québec avait été inférieure à celle de la moyenne canadienne et que le revenu personnel des Québécois n'augmentait pas aussi vite que dans le reste du Canada.
Mme Marois s'est alors acharnée à défendre son bilan lorsque le Parti québécois était au pouvoir. Elle est notamment revenue sur les mises à la retraite massives en santé en 1997. Selon elle, il fallait agir, car le gouvernement de Lucien Bouchard faisait face a un déficit de quelque 6 milliards de dollars laissé par le gouvernement libéral précédent.
Elle juge que le PQ a été « responsable et courageux » dans ses actions au cours de cette période. Elle soutient que les gestes posés ont permis de rétablir l'équilibre budgétaire et de réinvestir 3 milliards de dollars dans les services, comme la santé.
« Il y a un mythe de dire que le gouvernement libéral connaît ça l'économie. Faites les comparaisons, faites les analyses, vous allez voir que, lorsque vous avez eu au pouvoir un gouvernement du Parti québécois, le Québec a avancé, a progressé, s'est développé, les emplois se sont créés. C'est ça un gouvernement du Parti québécois. »
- Pauline Marois
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Plus tard, en point de presse, après sa rencontre avec le maire de Québec, Régis Labeaume, la chef péquiste a été encore plus crue envers le chef libéral, notamment sur la question de la santé. Selon elle, Jean Charest chercher à la rendre responsable de tous les problèmes sur la question. « On essaie de me faire porter un chapeau, c'est lui qui est là depuis six ans! Quand il est arrivé au gouvernement, M. Charest, il devait bien savoir qu'il y avait eu cette question avec les infirmières et les médecins. Comment se fait-il qu'il a dit: "Je suis prêt! Je vais régler tous vos problèmes d'urgence"? », a-t-elle déclaré.
« Je suis sur l'offensive parce que j'en ai ras le bol. Charest fait croire des choses, il ment au monde, qu'il assume. Est-ce que c'est un impuissant Jean Charest? Il n'a pas été capable de régler les problèmes, il avait pris un engagement. Il savait bien ce qui avait été fait avant. Ce n'est pas moi qu'on juge, c'est son bilan. Et son bilan à lui, il n'est pas reluisant. »
- Pauline Marois
Plus tard en journée, Mme Marois a aussi embrayé sur la défense de sa candidature. « Si M. Charest arrête de mentir, je pense que les gens vont découvrir la femme d'expérience que je suis, qui est capable de relever les défis que présente la gouvernance du Québec », a-t-elle affirmé.
À l'écoute des agriculteurs
La chef péquiste a aussi évoqué la rencontre qu'elle venait d'avoir avec le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse. Elle assure que son parti ne remettrait pas en question le modèle de cette organisation, s'il était élu. Ottawa est aussi dans la ligne de mire de la chef péquiste, qui entend obtenir « la juste part des sommes retenues » pour l'agriculture québécoise et défendre la province pour que « l'Ouest ne soit pas toujours favorisé ».
L'UPA rencontrait aujourd'hui les chefs des trois principaux partis politiques, afin de leur exposer ses attentes et d'écouter leurs propositions (Lire notre article « Les attentes de l'UPA »).