ADQ

Plaidoyer pour la famille

Mise à jour le dimanche 16 novembre 2008 à 8 h 28
Mario Dumont lors d'un bain de foule dans un restaurant

Photo: La Presse Canadienne /Clément Allard

Mario Dumont lors d'un bain de foule dans un restaurant

Une cabane à sucre à Saint-Nicolas, avec plusieurs enfants en bas âge dans l'assistance, c'est le lieu qu'a choisi Mario Dumont samedi pour vanter ses engagements en matière d'éducation et de famille.

Le chef adéquiste entend ainsi baisser le taux de décrochage scolaire à 10 % (plus spécifiquement à 15 % pour les garçons) lors de son premier mandat, s'il est élu. Aujourd'hui, un enfant sur quatre ne finit pas son secondaire.

Bien qu'il n'ait annoncé aucune mesure concrète pour y parvenir, Mario Dumont compte mobiliser parents et enseignants, et « réparer la protection de la jeunesse ». Il envisage, entre autres, de rappeler des professeurs à la retraite pour soutenir les jeunes élèves.

L'ADQ veut aussi « responsabiliser » le personnel scolaire et soutenir les professeurs qu'il estime peu appuyés. Les activités sportives sont aussi prises en considération, afin que les jeunes portent « le manteau de l'équipe de football plutôt que le manteau des gangs de rue ».

« Ce que la réforme Marois a fait dans les écoles, c'est terrible », a-t-il ajouté. M. Dumont estime que la réforme scolaire, basée sur les compétences, est « contraire aux principes élémentaires » et qu'elle est le fruit d'une « dérive bureaucratique ».

L'ADQ rêve d'un Québec avec plus d'enfants

Outre l'école, le chef de l'ADQ a insisté sur le taux de natalité de la province. « Dans le Québec dont on rêve, il doit y avoir plus d'enfants », a-t-il lancé aux partisans. Mario Dumont a rappelé des mesures déjà annoncées pour ce faire: une aide aux couples ayant des problèmes d'infertilité ou encore une allocation de 5000 $ pour un troisième enfant.

Ces mesures s'insèrent dans un discours plus large, où Mario Dumont a voulu transmettre son message aux familles. Il a rappelé son opposition au modèle de garderie subventionnée comme « unique choix » offert aux parents, lui préférant une allocation de 100 $ par enfant par semaine. Il a réitéré sa volonté de réduire la dette publique et celle de « remettre de l'argent dans les poches de la classe moyenne ».

L'« urgence » d'Andrée Ruffo

L'ancienne juge Andrée Ruffo au rassemblement de l'ADQ

L'ancienne juge Andrée Ruffo au rassemblement de l'ADQ

Au préalable, l'ancienne juge de la Chambre de la jeunesse Andrée Ruffo a pris la parole devant les militants adéquistes. Connue pour sa défense des droits des enfants, au risque de mettre son devoir d'impartialité en jeu, elle avait démissionné en 2006 pour éviter la destitution.

« Je crois encore aux familles. [...] Ce n'est pas vrai que c'est l'État qui donne de l'amour aux enfants », a-t-elle lancé en allusion au programme de garderies. Et d'ajouter: « Il faut revenir à la communauté et c'est urgent de le faire. »

Au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse, auquel Mario Dumont s'oppose, elle a déclaré que « des enfants de 6 ans, ça ne peut pas avoir accès à une large culture, à l'histoire des religions ».

Elle estime qu'il y a « urgence de se recentrer sur les enfants », notamment ceux qui sont « parqués » dans les centres de réadaptation.

« Mais qui va se lever et va vraiment aider les familles à faire en sorte que leurs enfants deviennent de grands et beaux citoyens? », s'est interrogée Mme Ruffo. Elle n'a toutefois pas répondu à sa propre question, n'apportant pas explicitement son soutien à l'ADQ.

Du chemin à faire

Mario Dumont a également dérogé à ses habitudes en commentant le sondage CROP-La Presse qui confirme une fois de plus le recul de son parti dans les intentions de vote. Le sondage ne donne que 15 % des appuis à l'ADQ.

Le chef adéquiste croit que le sondage ne reflète pas la réalité, surtout en ce qui concerne le premier ministre sortant, Jean Charest. « Il me paraît qu'il y a un portrait rose bonbon de la réalité de ce que les Québécois pensent de Jean Charest », dit-il.

M. Dumont prétend que les électeurs qu'il a rencontrés depuis le début de la campagne lui donnent une tout autre impression. « Moi, je sens beaucoup de colère envers le gouvernement libéral, mais surtout, je sens une population frustrée de ne pas être écoutée par Jean Charest. Moi, je vois un écart [...] Des fois, les portraits statistiques sont en retard sur la réalité de ce que vit le peuple », ajoute-t-il.

Mario Dumont admet toutefois que son parti a encore bien des efforts à faire, notamment pour intéresser les électeurs adéquistes à la campagne. « On se leurre pas. [...] Le vote adéquiste, les électeurs adéquistes, les gens qui ont voté pour nous la dernière fois et la fois d'avant. Dans l'ensemble de la société, ce n'est peut-être pas les premiers maniaques de politique », dit-il.



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