Jean Charest

Un Plan Nord réchauffé

Mise à jour le dimanche 16 novembre 2008 à 8 h 20
Jean Charest au port de Sept-Îles

De passage au port de Sept-Îles, Jean Charest a vanté son « Plan Nord » vendredi, plan dont il avait dévoilé les grandes lignes en septembre dernier.

Le chef libéral s'est appuyé sur la réalisation de l'agrandissement du quai « La Relance » de ce port, afin de mettre en valeur ses promesses électorales. « La relance, je la vois dans tout le Québec. [...] Au-delà de la période de ralentissement, il faut préparer l'avenir », a-t-il lancé à l'assistance.

L'avenir, le premier ministre sortant le voit entre autres par l'ajout de 3500 mégawatts à la « Stratégie énergétique du Québec » d'ici 2035 - qui vise déjà la création de 4500 mégawatts. « Ce développement énergétique permettra d'assurer notre sécurité énergétique, notre développement industriel et l'exportation d'énergie », assure-t-il. « Il faut que quelqu'un se lève pour le Grand Nord », a-t-il ajouté en conférence de presse.

Jean Charest estime que ce nouveau bloc énergétique nécessitera 19 milliards de dollars d'investissement.

Il n'a toutefois avancé aucun échéancier par rapport à ce nouveau pan. « On va commencer à parler avec les gens du secteur », avance-t-il.

Une nouvelle turbine

Seul projet concret promis: l'ajout d'une turbine au barrage de la Sainte-Marguerite, d'une puissance de 400 mégawatts, au coût de 400 millions de dollars. Ce chantier fait toutefois partie du bloc de 4500 mégawatts de la stratégie énergétique.

Interrogé par les journalistes sur le flou entourant cette annonce, le premier ministre a défendu une approche de négociations avec les populations locales. Il estime être en mesure d'annoncer un plan définitif d'ici un an. Et il a ajouté que les populations locales seront au premier rang pour les emplois générés par les différents projets. « À toute fin pratique, c'est le plein emploi dans le secteur énergétique », a-t-il déclaré.

20 % d'énergie propre

Le chef libéral promet aussi que 20 % de ces nouveaux mégawatts proviendraient d'éoliennes ou d'autres sources d'énergies renouvelables. Le total de l'électricité supplémentaire prévue par le plan de Jean Charest - 8000 mégawatts - permettrait d'éviter annuellement l'émission de 14,3 millions de tonnes de gaz à effet de serre, précise le Parti libéral.

« Avec ces engagements, le Québec se positionne encore plus comme un leader au Canada dans la lutte contre les changements climatiques », a ajouté le chef du PLQ.

Jean Charest a ajouté que le développement du Grand Nord passe aussi par l'exploitation des ressources minérales, le développement récréotouristique et l'ouverture du territoire avec le transport.

Il s'insère dans une stratégie de développement, insiste Jean Charest. Celle-ci inclut l'entente de mobilité professionnelle avec la France, l'ouverture de négociations de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, et un programme de mobilité interprovincial.

Un Plan Nord en retard, dit Marois

Pauline Marois s'en prend au Plan Nord de Jean Charest (14 novembre 2008)

Pauline Marois s'en prend au Plan Nord de Jean Charest (14 novembre 2008)

Pauline Marois estime que les libéraux de Jean Charest se sont traînés les pieds dans le dossier du développement du Nord québécois.

De passage dans la région du Saguenay, la chef péquiste a accusé le gouvernement libéral d'avoir mis au rancart le projet de développement du Nord élaboré par le Parti québécois en 2001.

Selon Pauline Marois, le « Plan Nord » que vient de détailler Jean Charest arrive avec plusieurs années de retard et mettra des années avant de porter ses fruits.



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