Arbre du Noël et cours de religion

Aux racines des faits

Mise à jour le mardi 11 novembre 2008 à 8 h 09

Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, a repris dimanche son cheval de bataille préféré: l'identité québécoise. Il en a profité pour critiquer le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse qu'il voudrait remplacer par un cours de français au primaire. Il s'en est pris à ceux qui ont mis ce cours sur pied, affirmant qu'ils étaient les mêmes qui essayaient de façon détournée d'enlever les arbres de Noël des classes.

A-t-il eu raison d'y aller d'un tel propos? Vérification des faits.

« Les gens qui ont pensé ce cours-là, c'est le même monde qui se battent par tous les moyens détournés pour qu'il n'y ait plus d'arbres de Noël dans les classes », a déclaré le chef de l'ADQ.

Mais qui donc est à l'origine de ce cours d'éthique et de pratique religieuse que Mario Dumont ne veut pas? La vérité, c'est qu'ils ont été nombreux depuis plus de 20 ans.

Le cours d'enseignement religieux catholique et protestant, qui était offert jusqu'à l'an dernier au Québec, contrevenait aux Chartes des droits et des libertés, parce que discriminatoire. Au fil des ans, l'idée d'un cours de culture religieuse pour le remplacer a fait son chemin au Québec. En 1996, les états généraux sur l'éducation l'ont proposé, tout comme le groupe de travail sur la place de la religion à l'école, en 1999.

Cours de religion

Cours de religion (archives)

« Nous recommandons non pas de sortir la religion de l'école, mais de réaménager sa place dans une nouvelle perspective qui est celle de la laïcité ouverte », expliquait à l'époque Jean-Pierre Proulx, président du groupe de travail sur la place de la religion à l'école.

Des fonctionnaires, des experts universitaires et des enseignants ont travaillé sur le projet de loi, qui a été adopté en 2005. Parmi eux, des catholiques pratiquants. Un comité avait même pour mission de consulter les groupes religieux, comme l'Association des évêques catholiques du Québec et le Congrès juif, qui ont approuvé les orientations du cours. Personne parmi ces gens n'a suggéré de retirer les arbres de Noël des classes.

Pas l'ombre d'un arbre de Noël enlevé

La seule controverse publique entourant les sapins de Noël au Québec a eu lieu devant l'Hôtel de Ville de Montréal, en 2002. La Ville avait pensé rebaptiser ses arbres de Noël « arbres de vie ». Devant le tollé que l'idée a provoqué, elle s'est rétractée.

Il y a deux ans, une juge ontarienne a fait retirer un sapin de Noël du hall d'entrée d'un tribunal de Toronto, expliquant que ce symbole chrétien pouvait choquer certaines croyances et laisser penser que le tribunal n'était pas neutre à leur endroit. C'est le seul exemple qui s'approche de l'incident vécu au Québec.

Jointe au téléphone par la télévision de Radio-Canada, une porte-parole de l'ADQ n'a pas pu donner un seul exemple d'arbre de Noël qui aurait été enlevé d'une école au Québec. Mario Dumont, a-t-elle dit, faisait plutôt référence aux institutions publiques de façon générale.



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