Représentation électorale

Une campagne contestée

Mise à jour le lundi 10 novembre 2008 à 14 h 45
Carte électorale du Québec (détail)

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Carte électorale du Québec (détail)

L'Association pour la revendication des droits démocratiques (ARDD) a tenu une conférence de presse lundi pour dénoncer le déclenchement d'élections hâtives et le système électoral actuel.

L'ARDD soutient que la carte électorale et le mode de scrutin sont actuellement incapables de représenter fidèlement la volonté de la population québécoise.

L'association a indiqué qu'elle entendait se présenter devant la Cour supérieure du Québec, dès le 1er décembre, pour demander une réforme du mode de scrutin.

Pour appuyer ses propos, l'Association rappelle que, jeudi dernier, le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, s'est dit insatisfait de la carte électorale actuelle (lire la nouvelle). Selon lui, elle est « inéquitable et désuète ». Dans son rapport, le DGE dit que la carte électorale établie en 2001 comporte maintenant vingt circonscriptions qui ne sont pas conformes à la Loi électorale, c'est-à-dire qui dépassent l'écart de plus ou moins 25 % de la moyenne nationale du nombre d'électeurs et d'électrices.

L'Association pour la revendication des droits démocratiques (ARDD) entend se présenter devant la Cour supérieure du Québec, dès le 1er décembre, pour réclamer une réforme du mode de scrutin.

Le poids de la population

Le Code constitutionnel, si l'on se base sur un arrêt de la Cour suprême canadienne datant de 1991, accepte une carte électorale qui prévoit des écarts de population de plus ou moins 25 % par rapport à la moyenne provinciale. Transposée au Québec, cette règle signifie qu'« on doit avoir une moyenne d'électeurs de 45 207 par circonscription, avec 25 % de plus ou de moins pour tenir compte des communautés naturelles ».

Toutefois, la carte électorale actuelle peut faire en sorte que le vote de certains électeurs a deux fois plus de poids que celui d'autres électeurs, selon qu'ils se trouvent dans une circonscription plus ou moins populeuse.

Actuellement, 7 circonscriptions comptent trop d'électeurs et 13 n'en ont pas assez, selon la loi.

L'ARDD en a profité pour accuser Jean Charest d'avoir abusé de son pouvoir en déclenchant des élections avant que le DGE ne présente son rapport.

« Au lieu d'attendre quelques mois pour faire en sorte que la nouvelle carte soit mise en vigueur, M. Charest choisit, pour des raisons purement partisanes, de lancer, à ce moment-ci, une course électorale dans l'espoir de constituer un gouvernement majoritaire en profitant des défauts du système actuel. Les Québécoises et Québécois méritent mieux que ce geste antidémocratique », dit le président de l'ARDD, Patrick Daoust.

Des personnes favorables à la réforme électorale étaient présentes à la conférence de presse, dont Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins et du Comité directeur des Étatsgénéraux sur la réforme des institutions.

La porte-parole principale de Québec solidaire et le chef du Parti vert du Québec assistaient aussi à la conférence de presse.

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