Débat des chefs
![]() Photo: archives, Jacques Boissinot Plateau du débat des élections de mars 2007 |
La possible remise en cause de la tenue du débat des chefs (lire la nouvelle) en raison des réticences du chef libéral Jean Charest sur la formule, a fait bondir les chefs adéquiste et péquiste.
En point de presse, autant Mario Dumont (lire la nouvelle) que Pauline Marois ont accusé Jean Charest de faire preuve d'arrogance et de manque de transparence en s'opposant au nouveau format.
Mme Marois a dit qu'elle souhaitait vivement que l'exercice ait lieu et a demandé à M. Charest de se rallier à la majorité, qui est d'accord avec les changements proposés.
« Nous souhaitons un débat. Le consortium des télédiffuseurs nous a proposé un débat qui nous convient parfaitement. Je crois qu'il convient parfaitement aussi à l'ADQ. Dans le fond, c'est M. Charest qui devrait cesser de continuer à être arrogant et accepter ce que les deux autres partis ont accepté de leur côté. [...] Alors, est-ce que M. Charest refuse de débattre ou qu'il ne veut pas lui-même de débat? »- Pauline Marois
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Selon Mme Marois, la formule pressentie, calquée sur le dernier débat des chefs fédéraux, est intéressante, la preuve étant que plus de téléspectateurs ont suivi les débats des chefs lors de la dernière campagne fédérale.
En Ontario, pour la réunion fédérale-provinciale sur l'économie, Jean Charest a défendu sa position. Il a assuré qu'il souhaitait bel et bien la tenue d'un débat des chefs. Mais il demande que la formule soit semblable à celle des débats tenus en 2007. Il veut ainsi que les chefs soient installés debout derrière des lutrins et qu'ils puissent échanger directement entre eux.
« Je veux un débat des chefs ou les chefs pourront échanger directement entre eux, comme c'était le cas en 1998, en 2003 et en 2007. La formule de 2007, de 2003, de 1998, c'est des formules qui ont permis cet échange direct. Je veux que cela se fasse debout dans un contexte où les Québécois pourront nous entendre et comparer ce que nous offrons comme plan économique ».- Jean Charest
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Il a ajouté que, selon lui, la plupart des commentateurs n'ont pas apprécié la nouvelle formule. Selon lui, la formule utilisée au Québec est la meilleure pour que les électeurs puissent se faire une bonne idée des programmes des différents partis.
Un collaborateur du chef libéral a indiqué que, si le consortium maintient sa position, le débat pourrait être organisé par le canal de télédiffusion des débats de l'Assemblée nationale. Les trois principaux partis devraient toutefois donner leur accord pour que cela soit possible.
Le consortium tient à sa formule
![]() Denis Pellerin |
Le porte-parole du consortium des télédiffuseurs, Denis Pellerin, a laissé entendre que le regroupement n'était pas prêt à abandonner sa formule de débat, qui s'inspire de celle du dernier débat fédéral.
C'est une « formule qui permet à tout le monde de gagner, c'est-à-dire aux citoyens, aux partis politiques et aux chefs ainsi qu'aux télédiffuseurs, puisqu'avec cette formule, les téléspectateurs restent scotchés à leur appareil », a-t-il expliqué.
M. Pellerin a défendu cette formule qui, selon lui, permet aux chefs « de débattre de manière plus ouverte » et de discuter davantage.
Il n'a pas été en mesure d'expliquer les raisons qui motivent les réticences du Parti libéral, qui aurait aussi des réserves sur le choix de l'animateur, en l'occurrence Stéphan Bureau.
Une réunion du consortium des télédiffuseurs a eu lieu lundi après-midi. Une décision devrait être prise dans les 48 prochaines heures, a souligné Denis Pellerin, car le temps presse et la préparation du débat des chefs nécessite du temps et des moyens.
Les exclus se font entendre
Pendant que les trois principaux partis peinent à s'entendre sur la formule du prochain débat des chefs, Québec solidaire et le Parti vert du Québec exigent que leurs chefs prennent part à la joute télévisée.
Les deux formations estiment que le débat actuel est secondaire et que la vraie question reste leur exclusion du débat des chefs.
« Pendant que M. Charest se comporte en diva capricieuse et qu'on s'empêtre dans un débat sur la formule à adopter qui relève plus du showbizz que de la démocratie, on passe à côté de la vraie question: l'exclusion de Québec solidaire et des Verts », a déclaré Françoise David, porte-parole de Québec solidaire.
Selon elle, « sans les Verts et Québec solidaire, c'est plus de 300 000 électeurs et électrices qui ne seront pas représentés lors de cet important rendez-vous, s'il a lieu bien sûr ».
Québec solidaire et le Parti vert du Québec ont lancé une pétition sur Internet (debatpourtous.net) afin de pousser le consortium des télédiffuseurs et les trois principaux partis à accepter la participation de leurs chefs au prochain débat télévisé.
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