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Dumont remonte sur le cheval identitaire

Mise à jour le lundi 10 novembre 2008 à 11 h 31
Mario Dumont, chef de l'ADQ

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Mario Dumont, chef de l'ADQ

Le chef de l'Action démocratique du Québec revient sur l'un des principaux thèmes de la précédente campagne électorale: l'identité. Il l'aborde, entre autres, en s'opposant de front au cours d'Éthique et de culture religieuse.

« Un vivre ensemble réussi, ça ne passe pas par la négation », a -t-il déclaré lors d'un rassemblement dans la circonscription de Shefford, à Granby.

« Tout ce qui touche l'identité, il ne veut pas en parler. Une commission a travaillé un an là-dessus et tout ce qu'il a fait c'est embaucher deux fonctionnaires » a lancé Mario Dumont à l'intention de Jean Charest. Et d'ajouter « [Le premier ministre] est censé porter le flambeau de l'identité. On va le porter haut et fort ».

Le cours d'Éthique et de culture religieuse dans la mire

Le chef de l'Action démocratique a dirigé l'essentiel de ses reproches contre le programme d'Éthique et de culture religieuse, « une des choses qui a détérioré notre école ». Il estime que « les enfants du Québec ont été les cobayes d'un dérapage bureaucratique », martelant cette expression à plusieurs reprises.

Selon lui, ce cours impose l'idéologie du multiculturalisme de Pierre Elliott Trudeau. « C'est une forme de négation de l'histoire, de ce qu'on a vécu », a-t-il lancé.

Il a ajouté que les Québecois avaient choisi l'interculturalisme, synonyme d'intégration selon lui, et qu'il défendrait cette approche.

Les gens qui ont pensé ce cours-là, c'est le même monde qui se bat pour faire disparaître les sapins de Noël des classes. Le 25 décembre au Québec, [...] ça veut dire quelque chose. On reculera pas là-dessus.- Mario Dumont

M. Dumont a argué qu'un professeur avait déclaré à ses élèves que le drapeau du Québec devait être rejeté à cause de la croix qui le traverse. « C'est arrivé, a-t-il ajouté. La porte a été ouverte par les fonctionnaires et par Jean Charest. Il a laissé les fonctionnaires faire ce qu'il voulait. »

Un moratoire

Si son parti était élu, il décrèterait un moratoire sur ce programme scolaire et le remplacerait par un cours de français supplémentaire. Cette mesure a été saluée par les partisans présents, qui ont scandé « le choix aux parents » à plusieurs reprises.

Avant M. Dumont, le porte-parole de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) a aussi prononcé un discours.

La CLÉ se présente comme un groupe de parents bénévoles de toutes dénominations ou sans confession, provenant de toutes les régions du Québec. Elle accuse l'État de s'être donné les moyens d'« obliger les enfants à suivre des cours qui vont à l'encontre des principes ou valeurs familiales ».

Son site Internet ne précise toutefois ni la composition de ses membres, ni son mode de financement.

Cette coalition avait organisé une manifestation à Montréal en octobre dernier, réunissant environ 1500 personnes.

Dans la foule se trouvaient aussi des représentants d'un groupe non invité: les Pèlerins de Saint-Michel (ou Bérets blancs). Ce mouvement catholique fondamentaliste milite pour un retour de l'Église dans les écoles.

« Ils perdent leur temps à l'ADQ, ils seraient mieux de fonder leur propre parti », a déclaré Mario Dumont, en excluant un retour à un système scolaire confessionnel.

Un programme en vigueur depuis 2008

Le programme d'Éthique et de culture religieuse est entré en vigueur lors de la dernière rentrée scolaire, après l'échéance en 2005 de la dérogation à la Charte des droits et libertés, qui permettait de dispenser un enseignement religieux.

Tous les élèves québécois du primaire au secondaire se voient dispenser des cours qui doivent leur permettre de maîtriser trois compétences :

  • Réfléchir sur des questions éthiques;
  • Manifester une compréhension du phénomène religieux;
  • Pratiquer le dialogue.

Jésus, Bouddha, Mohamed, ou encore les différentes significations des fêtes de Noël, de Pâques et d'Hanouka y sont, entre autres, abordés. etc. Une place prépondérante est accordée à la religion catholique et, dans une moindre mesure, au judaïsme et aux croyances autochtones.

Le volet éthique porte notamment sur la notion de vérité, les normes de vie en société, etc.



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