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![]() Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot Jean Charest lors de son arrêt à Shawinigan |
Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a finalement accédé à la demande de ses adversaires et a donné son accord pour publier les états financiers vérifiés de la province. Lire le communiqué à ce sujet sur le site du ministère des Finances.
Le ministère des Finances du Québec a donc rendu publics les chiffres.
Le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, dit avoir vérifié et approuvé ces états financiers. M. Lachance indique qu'ils donnent « à tous les égards importants une image fidèle de la situation financière du gouvernement du Québec au 31 mars 2008 ».
Les chiffres révèlent qu'il y a bel et bien un surplus de 1,65 milliard de dollars pour 2007-2008, qui comprend 484 millions de dollars de surplus additionnel par rapport au budget de mars dernier. Les chiffres comprennent aussi la réserve de 2,3 milliards annoncée par la ministre des Finances mardi.
Au début de la semaine prochaine, le vérificateur général remettra au président de l'Assemblée nationale son rapport spécial sur la question. Il ne fera aucun commentaire sur le sujet d'ici là.
Depuis le début de la campagne, cette affaire est un sujet de discorde avec l'Action démocratique du Québec et le Parti québécois. Les partis d'opposition soutiennent que le gouvernement sortant ne dit peut-être pas la vérité aux Québécois au sujet des finances publiques.
Le gouvernement assurait en effet qu'il a dégagé un surplus de 2,3 milliards de dollars. Mais le vérificateur général du Québec soutient que le Québec, si on applique la Loi sur l'équilibre budgétaire dans sa forme actuelle, est plutôt en déficit de 5,8 milliards. L'ADQ et le PQ ont donc demandé la publication des chiffres du vérificateur (lire la nouvelle). Mais pour ce faire, il faut le consentement de tous les partis à l'Assemblée nationale.
Les réactions de l'ADQ et du PQ
Le chef de l'ADQ Mario Dumont soutient que si les libéraux de Jean Charest avaient été majoritaires à l'Assemblée nationale, ce rapport n'aurait jamais été rendu public. « Il (Charest) aurait eu la possibilité de garder le couvercle sur la marmite », a déclaré M. Dumont.
![]() Mario Dumont |
![]() Pauline Marois |
La chef du Parti québécois Pauline Marois répète que le Québec est aux prises avec un déficit même si la ministre sortante Monique Jérôme-Forget dit le contraire.
« La situation technique, c'est qu'il n'y a pas assez d'argent pour les dépenses d'épicerie. Elle (Mme Jérôme Forget) puise dans des revenus exceptionnels qui ne seront plus au rendez-vous dans deux ans parce qu'elle les aura utilisés », affirme Mme Marois.
Le mandat de la Caisse de dépôt
Jean Charest est en Mauricie, vendredi, un territoire touché par des pertes d'emplois importantes dans le secteur forestier et qui a massivement voté adéquiste aux dernières élections. Pour la troisième journée de suite, M. Charest a essentiellement parlé d'économie.
Lors d'un arrêt à Shawinigan et un autre devant la Chambre de commerce de Trois-Rivières, le chef libéral a longuement attaqué ses adversaires sur leurs programmes économiques. Il a notamment critiqué les intentions de l'ADQ et du PQ d'accorder des crédits d'impôt sur le remboursement de certaines parties des taux d'intérêt hypothécaires. Selon lui, en voulant faciliter ainsi l'accès à la propriété, les deux partis veulent prendre le même chemin qui a mené au désastre aux États-Unis.
Jean Charest a également dénoncé les intentions de ses adversaires adéquiste et péquiste concernant la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP).
Le PQ veut que la CDP crée un fonds pour soutenir les entreprises québécoises (lire la nouvelle). L'ADQ demande de son côté la publication des chiffres de rendement de la CDP, laissant entendre qu'il pourrait y avoir des pertes de 30 milliards en raison du ralentissement économique.
M. Charest refuse, plaidant que la Caisse est indépendante et publie ces chiffres une fois par année. Il ajoute que sa performance est mesurée tous les dix ans.
« Nous, on avait dit qu'il faut changer le mandat pour dépolitiser la Caisse de dépôt et placement et c'est ce qu'on a fait. Aujourd'hui, Pauline Marois veut remettre les deux mains dans la Caisse de dépôt et placement. Elle veut recommencer. Et Mario Dumont, après avoir dit qu'il était d'accord avec nous, fait encore un virage à 180 degrés pour dire que lui aussi veut mettre les deux mains dans la Caisse de dépôt et placement. Laissons la Caisse faire son travail. »- Jean Charest
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Le chef libéral a aussi attaqué le chef adéquiste pour son intention de privatiser une partie d'Hydro-Québec. Selon M. Charest, cette décision pourrait être très lourdes de conséquences pour les Québécois.
« Pour privatiser Hydro-Québec et obtenir la juste valeur, il faut augmenter les tarifs au prix du marché. S'il [Mario Dumont] ne fait pas cela, il va vendre nos actifs au-dessous de leur valeur alors qu'on a investi dedans. Ou il va faire ce qu'il ne veut pas avouer à voix haute et augmenter les tarifs à un prix exorbitant. Il va faire ce qu'on appelle un choc tarifaire en plongeant ses deux mains dans les poches des contribuables. »- Jean Charest
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Une récession?
M. Charest a aussi répété que le Québec subira immanquablement les conséquences de la crise financière mondiale et que l'élection actuelle a pour but de choisir l'équipe qui saura mieux munir le Québec d'outils pour faire face « au vent contraire ».
Il a répété que selon lui, « si on avait écouté Mario Dumont et Pauline Marois, le Québec serait déjà en récession ». Il juge que si le Québec a jusqu'à maintenant réussi à éviter le pire, c'est grâce à ses politiques, citant notamment le programme d'infrastructures, auquel étaient opposés, dit-il, l'ADQ et le PQ.
Il en a d'ailleurs profité pour rappeler que la hausse des investissements en infrastructures annoncée jeudi signifiera des milliers d'emplois supplémentaires dans toutes les régions du Québec.
Finalement, Jean Charest ne s'est pas avancé à dire que le Québec évitera la récession, mais convient qu'il y aura un ralentissement économique. « Si on peut l'éviter [la récession], on va tout faire pour l'éviter », a-t-il déclaré.
Il a aussi réaffirmé que, selon lui, à l'approche de la « tempête économique », le Québec avait besoin d'un gouvernement stable et fort.