Économie

Marois présente son plan

Mise à jour le jeudi 6 novembre 2008 à 17 h 09
Pauline Marois

Photo: La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Pauline Marois

La chef du Parti québécois Pauline Marois a dévoilé jeudi son plan pour aider le Québec à faire face aux difficultés économiques.

Le plan de Mme Marois se décline en six points et vise à aider, dans l'ordre, les travailleurs, les consommateurs et les entreprises.

En premier lieu, elle promet qu'un gouvernement péquiste bonifiera les programmes de formation de la main-d'oeuvre pour aider les travailleurs touchés par les effets de la crise à réintégrer le marché du travail, et pour que les entreprises puissent compter sur une relève plus compétitive.

Le plan péquiste comprend aussi des mesures ponctuelles et concrètes. Pauline Marois promet ainsi un crédit d'impôt sur le remboursement des hypothèques. Elle propose un crédit d'impôt, non remboursable, de 20 % sur les premiers 5000 $ d'intérêts que les propriétaires doivent débourser pour l'hypothèque de leur résidence.

La chef péquiste s'engage aussi à donner un chèque de 200 $ aux personnes à faibles revenus qui reçoivent le crédit d'impôt sur la TVQ.

Pour aider les personnes âgées, elle propose de reporter de deux ans, de 71 ans à 73 ans, l'obligation de convertir ses REER.

Mme Marois souhaite aussi une augmentation des programmes de garanties de prêts pour les petites et moyennes entreprises.

Un gouvernement péquiste s'engage aussi à soutenir la capitalisation financière des grandes entreprises, notamment par l'achat de titres sur les marchés secondaires, d'actions du Trésor ou de titres de dettes de ces entreprises. Pour y parvenir, Pauline Marois veut que la Caisse de dépôt et placement du Québec crée un Fonds d'investissement stratégique. Ce fonds aura une durée de sept ans.

La chef péquiste évalue que les nouvelles mesures de son plan pourraient coûter jusqu'à 600 millions de dollars, dont 400 millions uniquement pour la mesure concernant les bénéficiaires du remboursement de la TVQ.

Afin de financer ces mesures, Mme Marois affirme qu'un gouvernement péquiste pourrait geler, pour un an, les contributions au Fonds des générations, qui sert à rembourser la dette du Québec. La chef péquiste dit que l'autre possibilité est de récupérer l'argent qu'Ottawa, selon elle, doit toujours au Québec. Elle dit par exemple que le gouvernement fédéral doit toujours 400 millions de dollars à la province pour la crise du verglas en 1998. « On va aller chercher notre fric à Ottawa », a-t-elle déclaré.

Le PQ veut les chiffres

La chef péquiste joint aussi sa voix au chef adéquiste Mario Dumont pour demander que le vérificateur général du Québec Renaud Lachance dépose les états financiers vérifiés de la province.

Selon Mme Marois, cela est nécessaire pour avoir le vrai portrait de la situation financière du Québec. Elle a fait parvenir à M. Lachance, tout comme M. Dumont (lire la nouvelle), une lettre pour lui demander de déposer ses chiffres. Pour que cela soit possible, le chef libéral devra toutefois donner son accord.

Selon Mme Marois, les libéraux ont créé un déficit de plus de 5 milliards de dollars. Les libéraux nient ces allégations.

« Plutôt que de s'intéresser aux moyens pour augmenter son nombre de sièges à l'Assemblée nationale, Jean Charest devrait plutôt jouer son rôle de leader, assumer son leadership plutôt que de faire de la petite politique et de jouer à la cachette, car c'est ce qu'il fait avec ses déficits. »- Pauline Marois

L'équipe libérale écorchée

Lors de son passage dans la circonscription de Verchères, jeudi soir, pour l'assemblée d'investiture du péquiste Stéphane Bergeron, Pauline Marois a attaqué l'équipe libérale tant vantée par Jean Charest.

Elle a tenté d'expliquer l'échec libéral par, entre autres, la saga du CHUM, le « cafouillage sur l'autoroute 30 », les péripéties de la construction de l'îlot voyageur de l'UQAM, le « recul du français à Montréal » et « l'absence d'empathie » pour les travailleurs qui ont perdu leur emploi dans les secteurs forestier et manufacturier.

Mme Marois a aussi rappelé les différentes mesures préconisées par son parti pour faire face à l'incertitude économique, et ce, en évitant tout déficit budgétaire.

Landry s'en prend à Charest

Toujours jeudi soir dans Verchères, l'ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, a critiqué la politique économique du gouvernement Charest. M. Landry accuse le chef libéral d'être un tenant des principes qui ont mené à la crise financière.

Selon lui, la philosophie de Jean Charest repose sur la déréglementation et une confiance aveugle en l'offre et la demande. Il estime que le contexte actuel est donc favorable à un changement de gouvernement.

« On a un gouvernement dont la motivation principale, quand il a pris le pouvoir, était de démolir l'intervention étatique. C'était un partisan de ceux qui en Amérique du Nord, nous ont mis dans un des plus grands cauchemars depuis 1930. »- Bernard Landry



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