![]() Nouvelles électoralesDes enregistrements embarrassants pour les conservateursMise à jour le vendredi 22 avril 2011 à 9 h 18 Le chef du Bloc québécois accuse Stephen Harper et son directeur des communications, Dimitri Soudas, d'avoir travaillé avec l'entrepreneur Tony Accurso pour faire nommer Robert Abdallah au poste de PDG du port de Montréal. C'est du moins ce qu'a soutenu le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, jeudi matin, en citant l'enregistrement d'une conversation téléphonique publiée sur YouTube où on entend Bernard Poulin, propriétaire du groupe d'ingénieurs SM, et l'entrepreneur Tony Accurso discuter de la façon dont ils comptent s'y prendre pour faire nommer l'ex-directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, à la direction du Port de Montréal. « Sur un enregistrement posté sur le web ce matin, on entend Bernard Poulin expliquer à Tony Accurso que, et je cite : “Soudas c'est le patron du Québec, c'est le vrai patron de Cannon ” », a récité le chef du Bloc devant les journalistes. Le sénateur Housakos comme intermédiaire
Toujours en citant des passages de cet enregistrement téléphonique, le chef du Bloc a poursuivi en précisant que dans cette conversation, Bernard Poulin projette de faire appel au sénateur conservateur Léo Housakos pour tenter d'influencer le directeur des communications de Stephen Harper. « Bernard Poulin explique que pour contacter Dimitri Soudas, il va passer par Léo Housakos et, dit-il, Léo, il fait des affaires pour moi, il vient à 11 h, je vais commencer à lui parler si tu veux, s'il est prêt à mettre son chum Soudas dans le coup. Son chum Soudas, il peut tordre pas mal plus fort que d'autres », a poursuivi Gilles Duceppe toujours en citant l'enregistrement. « Poulin poursuit en disant : " Peut-être qu'il pourrait mettre une récompense s'il réussit à livrer quelque chose" et Accurso dit : " Bien sûr, c'est sûr ça" », a relaté le chef du Bloc en lisant une transcription de la conversation entre Bernard Poulin et Tony Accurso. D'autres enregistrements compromettants Deux autres enregistrements qui impliqueraient Tony Accurso et des membres du Parti conservateur sur la nomination du PDG du Port de Montréal ont été publiés jeudi sur YouTube. Le premier fait état d'une conversation entre Léo Housakos et l'entrepreneur Tony Accurso et le second, un entretien entre Tony Accurso et un dénommé « Frank » qui assure que le « big boss » a demandé à Lawrence Cannon d'intervenir dans cette affaire.
Le candidat privilégié par les conservateurs, Robert Abdallah, n'a cependant pas été choisi au terme du processus de sélection. Layton réclame une enquête Commentant jeudi matin en point de presse les allégations avancées par le chef du Bloc québécois liées à cette conversation téléphonique, Jack Layton soutient que la tenue d'une enquête est nécessaire « pour déterminer la vérité ». Le chef néo-démocrate soutient que « c'est très inquiétant ». Si c'est vrai, ça me donne des inquiétudes. Ça nous indique que, encore une fois, les choses sont brisées à Ottawa. C'est la même approche qu'on a vue pendant des années et c'est une autre raison pour avoir du changement à Ottawa et les électeurs peuvent utiliser leur pouvoir pour exprimer leur désaccord avec une telle approche. — Jack Layton, chef du NPD Ignatieff réclame le congédiement de Soudas
Le chef libéral, Michael Ignatieff, a quant à lui réclamé le congédiement de Dimitri Soudas et le départ du sénateur Housakos en soulignant que ce genre de choses devenaient une habitude au bureau du premier ministre. « Nous avons un escroc au bureau du premier ministre [Bruce Carson], nous avons 4 personnes accusées de fraude électorale... On n'est plus capable de ça. Ça devient de plus en plus ridicule », a déclaré Michael Ignatieff jeudi matin. Il y a des accusations de corruption graves qui sont au bureau du premier ministre et dans son entourage près. Soudas est la main droite de Harper, il est là toujours, comme un petit chien à côté de lui. — Michael Ignatieff, chef du Parti libéral du Canada « Plus grave encore, il y a la possibilité qu'ils aient menti à la Chambre sur ces questions », a ajouté le chef du PLC. De son côté, Gilles Duceppe estime que M. Soudas doit « être relevé de ses fonctions le temps de cette campagne, le temps que la lumière soit faite ». Le chef bloquiste est d'avis que cela doit se faire d'ici la fin des élections.
Questionné de près par les journalistes jeudi matin, le chef conservateur Stephen Harper a pour sa part nié en bloc toutes accusations d'ingérence dans ce dossier et il a ajouté que ces allégations étaient tout à fait fausses. Réagissant à cette controverse, le directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas a lui aussi rejeté toutes ces allégations et assuré que le bureau du premier ministre Harper était totalement étanche à toute forme d'influence extérieure. Interrogé sur le contenu de l'enregistrement cité par Gilles Duceppe, Dimitri Soudas a répondu qu'il s'agit d'une conversation privée et que dans de tels cas les gens peuvent déclarer ce qu'ils veulent, mais cela ne signifie pas que ce soit vrai pour autant. Selon M. Soudas, les choses sont « claires comme le cristal » au bureau du premier ministre et personne n'y exerce ce genre d'influence. La porte du bureau du premier ministre est fermée pour tous ceux et celles qui veulent influencer le bureau du premier ministre. — Dimitri Soudas, directeur des communications au bureau de Stephen Harper Ces allégations ne sont, selon M. Soudas, que des attaques gratuites et désespérées qu'il a qualifiées de « bouette de fin de campagne ». Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
audio-vidéo
Le reportage de Marie-Maude Denis
Les réactions sont vives au sein des principaux partis politiques, explique Gino Harel.
Tamara Alteresco relate les réactions politiques aux allégations d'ingérence politique.
Marie-Maude Denis fait le point sur cette histoire avec Anne-Marie Dussault
Anne-Marie Dussault analyse les impacts et les réactions suscitées par ce dossier en compagnie d'Emmanuelle Latraverse.
L'analyse de Maurice Godin
L'entrevue avec Daniel Leblanc du Globe and Mail
Les explications de Marie-Maude Denis
Le chef conservateur Stephen Harper se porte à la défense de Dimitri Soudas dont la suspension est demandée par l'opposition.
Total des participations :
1 952 540
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