![]() Nouvelles électoralesNécessaire, la réforme conservatrice de la justice criminelle?Mise à jour le dimanche 10 avril 2011 à 6 h 19 Épreuve des faits
Lors du dépôt de leur plateforme électorale, les conservateurs ont promis, s'ils sont réélus majoritaires en Chambre, de faire adopter leur réforme de la justice criminelle au cours des 100 premiers jours de leur nouveau mandat. Accusant le système de justice actuel de faire passer les droits des criminels avant ceux des victimes, le parti de Stephen Harper promet davantage de justice pour les victimes, des rues plus sûres et des mesures de lutte contre la criminalité plus sévères. Ces mesures, que les conservateurs entendent regrouper dans un projet de loi omnibus, auront-elles vraiment un effet dissuasif sur les criminels? Et surtout, sont-elles nécessaires au Canada? Si l'on en croit les données compilées par Statistique Canada, la criminalité est en constante régression au pays depuis dix ans. Depuis le début des années 2000, le volume de crimes rapportés à la police a baissé de 17 % au Canada. Les plus récents chiffres sur le crime analysés par l'agence fédérale montrent en outre que les crimes violents ont régressé de 12 % depuis 2000 au pays, tandis que l'indice de gravité des crimes rapportés à la police a régressé de 22 % au cours de la même période. Une question de perception? Ce recul marqué de la criminalité au pays n'a pas retenu l'attention d'un grand nombre de Canadiens. Au moins 44 % d'entre eux estiment que la criminalité est en augmentation au pays, selon le quotidien anglophone The Globe and Mail. Le sentiment d'insécurité qu'entretient chez les citoyens un système de justice trop clément constitue un argument de certains partisans d'un système de justice plus répressif. La plateforme électorale conservatrice dit vouloir permettre aux Canadiens de ne pas avoir peur lorsqu'ils marchent dans les rues ou qu'ils se trouvent seuls dans leur demeure la nuit tombée. Ici encore, les statistiques contredisent les arguments conservateurs. Selon un sondage mené en 2009 par Statistique Canada, 93 % des Canadiens se sont déclarés modérément ou très à l'abri du crime. Un autre sondage, mené cette fois par Justice Canada en 2004-2005, révélait que 94 % des répondants affirmaient se sentir très ou assez en sécurité, 90 % disaient se sentir bien lorsqu'ils marchaient seuls le soir et 80 % n'avaient pas peur de se retrouver seuls chez eux la nuit. Les coûts? Cette réforme de la justice criminelle implique d'importantes dépenses pour le gouvernement fédéral. Selon The Globe and Mail, l'adoption par le Parlement de la Loi sur l'adéquation de la peine et du crime, en 2009, pourrait coûter jusqu'à 10 milliards de dollars de plus aux Canadiens sur une période de cinq ans. Le refus du gouvernement Harper de présenter à la Chambre des communes les coûts totaux de son projet de réforme de la justice a motivé l'adoption d'une motion de censure qui déclarait les conservateurs coupables d'outrage au Parlement. Radio-Canada.ca avec The Globe and Mail
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