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Harper réitère son intention d'abolir le registre des armes à feu

Mise à jour le lundi 4 avril 2011 à 19 h 11

Stephen Harper dans une ferme de Wainfleet, en Ontario

Photo: Daniel Thibeault

Stephen Harper dans une ferme de Wainfleet, en Ontario

Le registre des armes à feu est de nouveau la cible du chef du Parti conservateur du Canada, Stephen Harper, qui entend l'abolir s'il est réélu. Il a insisté sur le fait qu'un gouvernement majoritaire l'aiderait à y arriver.

S'adressant à des partisans dans une ferme de Wainfleet, au sud-est de Hamilton, M. Harper a expliqué que le registre est un des meilleurs exemples de gaspillage de fonds publics.

Le chef conservateur est revenu sur le rejet en septembre dernier d'un projet de loi privé d'une députée conservatrice visant à modifier le registre des armes à feu pour y abolir l'obligation d'enregistrer les armes d'épaule, un vote que les conservateurs avaient perdu par deux voix (153 contre 151).

Cette victoire de l'opposition avait été rendue possible, en partie, grâce aux efforts du chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, pour convaincre 12 députés néo-démocrates récalcitrants de voter contre l'initiative du gouvernement. Et l'un de ses récalcitrants est Malcolm Allen, le candidat du NPD qui a été élu en 2008 avec 300 voix d'avance sur son adversaire conservateur dans la circonscription de Welland, où se trouvait lundi Stephen Harper.

M. Harper explique d'ailleurs le rejet du projet de loi conservateur par le fait que les partis d'opposition ne comprennent pas les citoyens des régions.

[Le registre] traite les chasseurs et les fermiers comme des criminels.

— Stephen Harper

L'opposition croit qu'on peut réduire la criminalité dans les milieux urbains en enregistrant les armes des chasseurs et des fermiers du Canada rural, tout en faisant preuve de laxisme envers les criminels qui utilisent des armes dans les grandes villes, a dit le chef conservateur. Il s'agit d'une « absurdité totale », selon lui. Les conservateurs considèrent qu'il faut plutôt mettre les criminels derrière les barreaux et prioriser les droits des victimes de crime.

Lisez la vérification des faits de Sophie-Hélène Lebeuf sur les coûts annuels du registre des armes à feu.

Réactions

De passage à Saint-Jean-Port-Joli pour dévoiler sa plateforme électorale, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé, avant l'allocution du chef conservateur, que son parti s'est positionné très clairement pour le registre. Il a poursuivi en rappelant que « 83 % des députés provenant du Québec ont appuyé le registre et 62 % des députés venant du reste du pays voulaient son abolition ».

« Elle est là la contradiction, entre le Québec et le Canada, et non pas entre les régions rurales et les villes », juge-t-il faisant référence à l'opposition ville-campagne soulevée par M. Harper.

Pour sa part, le candidat néo-démocrate Malcolm Allen a déclaré que pendant que Stephen Harper parle du registre des armes à feu, lui se concentre sur « ce qui est vraiment important pour les Canadiens, c'est-à-dire des emplois ».

Dans la circonscription de Welland, la fermeture de l'usine de tracteurs John Deere a notamment coûté quelque 800 emplois à la communauté, en 2008.

M. Allen a accusé les conservateurs d'avoir provoqué ces pertes d'emplois avec des baisses d'impôt consenties aux entreprises. « Nous avons vu le libre marché saigner l'économie de la région de Niagara et du sud de l'Ontario, et ils veulent nous donner encore plus de cela », a déclaré le candidat néo-démocrate.

Un comité consultatif et une coalition « broche à foin »

S'il est réélu, le chef conservateur entend créer un comité consultatif sur la chasse et la faune, une démarche du « gros bon sens » qui montre la compréhension conservatrice des besoins des citoyens provenant des régions rurales.

Toujours sur l'opposition, M. Harper a encore une fois montré du doigt les libéraux, les néo-démocrates et les bloquistes pour la tenue de cette élection. « Ils dépensent plus d'énergie à nous combattre plutôt qu'à combattre la récession », a-t-il lancé. Faisant référence aux annonces des autres partis, il a affirmé qu'il faut « bâtir l'économie avant de dépenser sur les services ».

Nous avons fait des promesses abordables et nous allons assurer le développement et la croissance de l'économie pour assurer des meilleurs services à l'avenir.

— Stephen Harper

Répondant à la question d'une journaliste lui demandant quels projets de loi un gouvernement conservateur majoritaire allait déposer, comme sur l'avortement et le mariage entre conjoints de même sexe, Stephen Harper a indiqué que « notre agenda est le même agenda, avec un gouvernement minoritaire, un gouvernement majoritaire ».

Il prévient à nouveau l'électorat que les libéraux mèneront une coalition si les conservateurs n'obtiennent pas la majorité. Le choix est donc entre « un gouvernement conservateur majoritaire ou une coalition broche à foin » formée par le PLC, le NPD et le Bloc, conclut-il.

Stephen Harper s'adressant à quelque 400 partisans réunis à Guelph, en Ontario.

Photo: Daniel Thibeault

Stephen Harper s'adressait en début de soirée lundi à quelque 400 partisans réunis à Guelph, en Ontario.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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