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Harper réitère sa promesse de mettre fin aux subventions aux partis

Mise à jour le lundi 4 avril 2011 à 22 h 04

Stephen Harper serre la main de travailleurs à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, le 1er avril 2011.

Photo: La Presse Canadienne /Adrian Wyld

Stephen Harper serre la main de travailleurs à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, le 1er avril 2011.

Si les conservateurs de Stephen Harper obtiennent la majorité à la Chambre des communes aux élections du 2 mai, ils aboliront le financement public des partis politiques. M. Harper avait pris cet engagement en 2008, il l'a réitéré en janvier dernier, et en point de presse à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, vendredi, il en a fait un enjeu de la campagne électorale.

Le financement public des partis

Il faut savoir que les partis fédéraux touchent 2 $ de financement public pour chaque vote obtenu lors des élections. Ce mode de financement découle d'une politique mise en place lorsque le premier ministre libéral Jean Chrétien était au pouvoir.

En 2010, les partis fédéraux ont reçu au total 27,4 millions de dollars en vertu de ce mode de financement.

Les conservateurs amassent beaucoup de fonds auprès de leurs sympathisants et dépendent peu du financement public, alors que les autres partis en tirent une part très importante de leur caisse électorale.

Le financement public représente la moitié de la cagnotte électorale des libéraux et des néo-démocrates, et la presque totalité de celle des bloquistes.

« C'est aux électeurs eux-mêmes de décider de donner des fonds aux partis politiques, ce n'est pas au Trésor fédéral de les subventionner directement comme ça », a déclaré M. Harper.

Selon le chef des conservateurs, les subventions aux partis politiques fédéraux « favorisent la multiplication des campagnes électorales inutiles ».

Afin d'apaiser les critiques des autres partis, Stephen Harper s'engage à mettre en place une période de transition de trois ans. En point de presse vendredi, M. Harper a déclaré que toutes les formations fédérales, dont la sienne, étaient devenues « dépendantes » des fonds publics.

Lisez la vérification des faits de Sophie-Hélène Lebeuf sur le financement des partis.





Le financement public des partis en 2010 en pourcentage

  • Bloc québécois 80,5 %
  • Parti vert 58,5 %
  • Nouveau Parti démocratique 53,1 %
  • Parti libéral 50,8 %
  • Parti conservateur 37,4 %


Réactions des autres chefs

Le chef des libéraux, Michael Ignatieff, accuse Stephen Harper d'être « un homme politique qui importe la façon de faire des États-Unis [...] Je suis ici pour défendre le système canadien, Élections Canada, les règles que nous avons [...] Le parti conservateur ne respecte pas les règles », soutient M. Ignatieff.

Selon le chef des libéraux, ce que propose M. Harper, « c'est une autre attaque contre notre système canadien de démocratie ». Le mode de financement actuel, soutient Michael Ignatieff, « restreint l'influence du gros argent en politique ».

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, monte lui aussi aux barricades.

« Je pense que ça va à l'encontre de la démocratie des partis comme les Verts, qui tentent de percer et qui n'ont pas de député. Ça signifie qu'ils n'auront pas de moyens, c'est ça que ça signifie », a déclaré M. Duceppe.

« Je rappelle à M. Harper que s'il croit tuer l'opposition en agissant comme cela, en 93, en 97 et en 2000, on a gagné trois élections avec des règles différentes », a affirmé le chef du Bloc québécois.

Interrogé sur les intentions conservatrices en la matière, le chef du NPD, Jack Layton, parle de son côté d'une « attaque contre la démocratie ».

Il juge que le système actuel permet à une pluralité d'opinions de s'exprimer alors que les changements souhaités par les conservateurs ne feraient que favoriser les partis mieux nantis.

Dans sa chronique sur le web, Florent Daudens fait une synthèse des commentaires des internautes au sujet du financement public des partis.



Des mesures budgétaires répétées

D'autre part, Stephen Harper a annoncé à nouveau une série de mesures provenant du budget que son gouvernement à déposé juste avant son renversement pour outrage au Parlement :

  • Prolonger de deux ans l'Initiative ciblée pour les travailleurs âgés, qui aide les travailleurs âgés sans emploi dans les petites communautés touchées par des réductions de personnel, des fermetures ou des taux de chômage se maintenant à un niveau élevé;
  • Prolonger de 16 semaines le Programme de travail partagé, pour aider à éviter les mises à pied et protéger les emplois locaux pendant un ralentissement temporaire;
  • Élargir le Programme de protection des salariés, instauré en 2008, pour couvrir les salaires et les indemnités de congés impayés des employés subissant les effets négatifs des tentatives de restructuration infructueuses des entreprises;
  • Prolonger deux programmes pilotes de l'assurance-emploi, c'est-à-dire Travailler en période de prestations et Les 14 meilleures semaines, pour aider les travailleurs saisonniers dans les régions où le taux de chômage est élevé;
  • Améliorer le Programme canadien de prêts aux étudiants, pour augmenter le seuil de revenu admissible pour les prêts et bourses des étudiants à temps partiel et réduire à zéro le taux d'intérêt qui s'applique aux étudiants encore aux études. Cette mesure vise à faciliter la vie à ceux qui étudient à temps partiel tout en travaillant;
  • Éliminer la retraite obligatoire qui s'applique aux travailleurs oeuvrant dans le secteur réglementé fédéral, leur donnant ainsi le choix de pouvoir continuer à travailler s'ils le souhaitent.

Total des participations : 1 952 540

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