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Elizabeth May prête à défendre sa place aux débats

Mise à jour le mercredi 30 mars 2011 à 21 h 32

Elizabeth May, en conférence de presse à Vancouver, le 30 mars 2011

Photo: La Presse Canadienne /Darryl Dyck

Elizabeth May, en conférence de presse à Vancouver, le 30 mars 2011

En conférence de presse mercredi, à Vancouver, la chef du Parti vert, Elizabeth May, est revenue sur l'importance d'inclure son parti dans les débats électoraux, alors que les dates ont été dévoilées en soirée. Contestant l'absence de transparence et de règlements dans les décisions du consortium des médias, qui diffuse les débats électoraux, elle a scandé que son exclusion était « un sabotage de l'élite nationale médiatique ».

Mme May a soutenu que si le chef d'un parti comme le Bloc québécois, dont les candidats sont issus d'une seule province, est invité au débat, le Parti vert devrait lui aussi y avoir sa place, puisque c'est « un parti national qui présente des candidats dans toutes les circonscriptions, d'un océan à l'autre ». Elle a rappelé que le Parti vert avait recueilli un million de votes aux élections fédérales de 2008, soit plus de 6 % des votes.

La chef a aussi commenté la réaction de M. Harper, qui selon elle « aime le style présidentiel américain [...] "mano a mano". Ce n'est pas une bataille pour remporter un prix, c'est de la démocratie. Il faut écouter ce que tout le monde a à dire », a-t-elle souligné, ajoutant que le chef conservateur « aimerait bien que le débat devienne une querelle d'élite à deux plutôt qu'à cinq », en référence à l'éventuel débat entre MM. Harper et Ignatieff.

Le consortium, qui s'est réuni mercredi à Toronto, aurait invoqué pour sa part une « décision de programmation », « discrétionnaire et arbitraire », selon Mme May. Une chaîne de télévision indépendante, Channel Zero, a admis que l'exclure du débat était « une mauvaise idée », offrant de diffuser un débat qui l'inclurait.

Mme May, qui se dit prête à à intenter une poursuite judiciaire pour forcer le consortium à l'inclure dans les débats, appelle tout d'abord la population à se mobiliser, notamment dans les médias sociaux. Les conversations électorales sur le réseau Twitter ont d'ailleurs été largement dominées par le sujet au courant de la journée.

Le consortium des médias est composé de cinq réseaux diffuseurs : Radio-Canada, CBC, CTV, Global et TVA.

Trois chefs soutiennent Elizabeth May

Elizabeth May a reçu l'appui de Gilles Duceppe, Michael Ignatieff et Jack Layton, qui estiment tous trois qu'elle devrait pouvoir participer aux débats électoraux, comme en 2008. Le chef conservateur Stephen Harper s'est quant à lui dit ouvert à toutes les formes de débat, avec ou sans Mme May, espérant que les réseaux de télévision traitent tous les partis justement et pensent à l'intérêt de la population.

« À la fin, c'est une décision des réseaux de télévision, mais nous sommes ouverts à un débat traditionnel avec les partis parlementaires, nous sommes ouverts à un débat qui inclut Mme May et nous sommes ouverts à un débat qui inclut tous les partis qui participent dans cette élection », a déclaré M. Harper lors d'un point de presse à Brampton, en Ontario.

Le chef du NPD, Jack Layton, a insisté qu'il était temps que des règles claires et transparentes soient établies, plutôt que de laisser le consortium prendre des décisions dans le secret.

Mardi, le consortium avait annoncé que seuls les quatre chefs dont les formations politiques sont représentées à la Chambre des communes ont été invités à participer aux débats électoraux. Elizabeth May serait ainsi exclue des prochains débats, les verts ne comptant aucun député à la Chambre des communes.

En visite à Winnipeg, le chef libéral Michael Ignatieff avait alors déclaré qu'il était normal qu'elle y participe.

Mme May s'était dite bouleversée de la décision du consortium, la qualifiant d'« antidémocratique ». Déterminée à défendre sa place aux débats, elle a affirmé avoir l'intention de porter la cause devant les tribunaux.

Un scénario qui se répète

En 2008, lors de la dernière campagne électorale fédérale, Mme May avait initialement été écartée des débats électoraux. Trois partis politiques s'étaient opposés à sa participation, seul le chef libéral Stéphane Dion ayant souhaité la présence de la dirigeante écologiste, en raison de leur accord.

Le débat des chefs en 2008

Le débat des chefs en 2008

Mme May était parvenue à une entente, en avril 2007, avec le chef du Parti libéral, Stéphane Dion. Les libéraux ne présenteraient pas de candidat aux prochaines élections dans la circonscription néo-écossaise de Nova-Centre, où Mme May devait briguer les suffrages. En contrepartie, le Parti vert devait faire de même dans la circonscription de Saint-Laurent-Cartierville, représentée par M. Dion.

Les conservateurs s'étaient pour leur part opposés à une participation de la chef des verts aux débats télévisés des chefs, estimant qu'Elizabeth May était un « sosie » du chef libéral.

La pression populaire avait ensuite forcé les autres chefs à l'inclure, lui permettant de participer aux débats pour la première fois. Des médias faisant partie du consortium avaient reçu des plaintes de citoyens contrariés par son exclusion. CBC avait fait état de 135 plaintes, et Radio-Canada 14.

Seul le candidat Blair Wilson a déjà représenté le Parti vert à la Chambre des communes, brièvement en 2008. Il avait été élu à titre de candidat libéral dans la circonscription de West Vancouver-Sunshine Coast-Sea to Sky Country, en 2006, et avait siégé comme indépendant pendant près d'un an avant de se joindre aux verts en août 2008.

Aux élections d'octobre 2008, M. Wilson n'a pourtant pas réussi à se faire réélire pour le Parti vert. Arrivé troisième avec 14 % des voix, il a été défait par le conservateur John Weston.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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