Les règles concernant le financement des partis adoptées dans les dernières années ont passablement changé la donne politique. Ces changements, mis en place successivement par les libéraux et les conservateurs, s’inscrivent dans une volonté d’assainir les mœurs politiques.
Les formations politiques se sont ainsi vues privées de plusieurs sources de revenus traditionnelles. En revanche, l’État leur apporte désormais une aide financière bienvenue.
En janvier 2004 entrait ainsi en vigueur le projet de loi C-24, qui a réduit à 1000 $ la contribution autorisée pour les personnes morales, comme les entreprises, ainsi que pour les syndicats et les associations non constituées en personne morale. Les citoyens pouvaient, pour leur part, donner un maximum de 5000 $ par année à la campagne d’un candidat ou à un parti (un montant ajusté annuellement en fonction de l’inflation).
De plus l'agent officiel d'un candidat devait dorénavant divulguer, après l'élection, toute contribution de plus de 200 $.
Cette volonté de redonner aux citoyens l’influence première sur le financement des partis a donné lieu à une autre mesure inédite. Désormais, les partis qui recueillaient au moins 2 % des suffrages à une élection recevraient, chaque année subséquente, 1,75 $ pour chaque vote obtenu.
Portés au pouvoir début 2006 par un vent de révolte contre les libéraux, empêtrés dans le scandale des commandites, les conservateurs ont donné un nouveau tour de vis à la loi électorale canadienne. Le projet de loi C-2, entré en vigueur en janvier 2007, limite désormais aux seuls particuliers le droit de faire une contribution politique, et ce, pour un montant annuel maximum de 1100 $. Syndicats, entreprises et autres associations sont désormais exclus du financement des partis.
La Loi fédérale sur la responsabilité contient aussi des mesures interdisant à tout individu d’accepter un cadeau ou tout autre avantage similaire à partir du moment où il devient candidat. Le terme cadeau englobe à la fois les sommes d’argent, ainsi que tout service ou bien fournis sans frais ou à un prix inférieur à leur valeur commerciale.