Québec
Journaliste: Véronica Lehuu
La renaissance du Parti conservateur au Québec est essentiellement attribuable à la grande région de Québec. C’est dans Québec et Chaudière-Appalaches que les conservateurs ont le plus créé l’étonnement en 2006 avec l’élection de 8 de leurs 10 députés dans la province. Les conservateurs y ont notamment délogé plusieurs députés bloquistes qui avaient obtenu des majorités écrasantes en 2004.
Forcé de faire son examen de conscience au lendemain de cette cuisante défaite, le Bloc québécois a observé entre autres que la population de la région a pu vouloir obtenir une meilleure représentation au sein du Conseil des ministres. Le Bloc s’est aussi interrogé sur le phénomène de la radio X, qui a par la suite aussi profité à l’Action démocratique lors des dernières élections provinciales.
C’est vraisemblablement à lumière de ces résultats que le Parti conservateur du Canada (PCC) et le Bloc québécois ont choisi de se faire présents à Québec dès le déclenchement des élections en septembre dernier. Le PCC y voit les gains à faire auprès d’un électorat réputé pour élire des candidats plus à droite, et le Bloc tente de regagner les sièges perdus au sortir de luttes serrées.
Les libéraux pour leur part, qui se sont classés troisièmes dans la majorité des circonscriptions de la région en 2006, se remettent difficilement de la défection de leurs partisans. La plupart des candidats n’ont aucune affiche électorale dans la région. Le Parti libéral du Canada (PLC) se défend néanmoins de mener une campagne avec peu de moyens.
Pour regagner la faveur des électeurs de la grande région de Québec, le Bloc québécois ramène à l’avant-plan les politiques moins populaires du gouvernement Harper. Les bloquistes critiquent la suppression du financement récurrent des organismes de développement économique, un enjeu important pour la région. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a d’ailleurs multiplié ses attaques contre le ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn à cet égard. Les opinions sont toutefois partagées sur la Rive-Sud. En Beauce, où près de 3000 emplois ont été perdus dans les dernières années, des gens d’affaires continuent d’appuyer ouvertement le candidat conservateur Maxime Bernier, dont la popularité semble avoir été peu ébranlée par l’affaire Julie Couillard.
Les conservateurs quant à eux tentent de conforter leur position dans la région en attaquant l’absence de réalisations concrètes des bloquistes. Fière du bilan des conservateurs dans la région depuis 2006, la candidate dans Louis-Saint-Laurent, Josée Verner, évoque les fêtes du 400e, l'agrandissement du PEPS, la rénovation de l'aéroport comme de grandes réalisations de son parti.
Toutefois, le financement de la culture pourrait s’imposer comme un enjeu important. La position de la candidate Josée Verner, qui a invité les artistes à se tourner vers le gouvernement provincial, a provoqué un accrochage avec les ministres du gouvernement Charest. La critique face aux compressions de 45 millions de dollars prend de l’ampleur. Dans la Vieille Capitale, l'homme de théâtre Robert Lepage, créateur du Moulin à images, a ouvertement dénoncé ces compressions qui nuiront, dit-il, à l'économie de tout le Québec.
Profitant de ce mouvement, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, muni de sa publicité-choc qui accuse les conservateurs d'être des tueurs de culture, a fait un saut dans la Vieille Capitale où il a promis d'annuler les compressions prévues par les conservateurs dans des programmes culturels.
La circonscription de Québec est une des seules à avoir résisté à la vague conservatrice aux dernières élections. Le centre-ville de la capitale nationale vote traditionnellement plus à gauche que dans la plupart des circonscriptions de la région. Toutefois, une partie de la circonscription est formée de banlieues plus réceptives aux positions conservatrices.
C’est la candidate Christiane Gagnon qui défend depuis 1993 cette circonscription. Élue avec une confortable majorité de près de 6000 voix en 2006, Christiane Gagnon bénéficie d’une organisation solide. La députée sortante a le défi de préserver ses acquis et d’empêcher que l’électorat ne prête oreille aux attaques des conservateurs concernant les réalisations bloquistes. À cet égard, elle souligne l’implication du Bloc pour régler le déséquilibre fiscal et le dossier de la nation québécoise. Dans le dossier du 400e, la bloquiste soutient que les conservateurs ne peuvent s’en attribuer les mérites. Les bloquistes tentent aussi de ramener dans le débat le projet de construction d'un train rapide entre Québec et Windsor, une idée appuyée par le maire Labeaume, ainsi que les réparations du pont de Québec qui a été cédé au CN.
La candidate Myriam Taschereau, qui a étudié en droit, en sciences politiques et en communications, a fait davantage parler d’elle dans les derniers jours en raison de sa déclaration au sujet des artistes qu’elle juge « gâtés des deux côtés », tant par le fédéral que par le provincial. Elle reçoit l’appui de la candidate vedette Josée Verner, qui estime que les artistes ne sont pas maltraités et que l'abolition de programmes fédéraux en matière de culture ne préoccupe pas les électeurs.
Le premier candidat choisi par les libéraux, Simon Bédard, a dû se retirer aux premiers jours de la campagne à la suite des propos controversés qu’il a tenus sur les Mohawks impliqués dans la crise d'Oka. Les libéraux fédéraux ont donc lancé officiellement leur campagne dans la région en présentant un nouveau candidat dans la circonscription de Québec, Damien Rousseau. Cet ancien animateur de radio, qui travaille maintenant dans la presse écrite, tente de prendre ses distances par rapport aux propos de Simon Bédard.
La candidate Catheryn Roy-Goyette, détentrice d'un baccalauréat en aménagement et environnement forestiers de l’Université Laval, mise sur le plan de son parti pour lutter contre les changements climatiques. La candidate, dont le prédécesseur avait remporté 9,22 % des voix dans la circonscription lors des élections de 2006, soutient que de plus en plus de citoyens du secteur sont sensibles aux idées du NPD. Elle souhaite augmenter le nombre de voitures électriques et les taxes imposées aux grands pollueurs.
Le candidat du Parti vert, Yonnel Bonaventure, était aussi candidat aux dernières élections provinciales dans Taschereau. Le candidat s’est notamment prononcé pour l’utilisation accrue des transports en commun et contre la construction du port méthanier Rabaska.
| Circonscription | Parti | Candidat | Voix |
| Résultats 2006 Québec |
Christiane Gagnon | 20 845 | |
| Frédérik Boisvert | 14 943 | ||
| Caroline Drolet | 5 743 | ||
| Michael Lessard | 4 629 | ||
| Résultats 2004 Québec |
Christiane Gagnon | 24 373 | |
| Jean-Philippe Côté | 12 982 | ||
| Pierre Gaudreault | 5 330 | ||
| Jean-Marie Fiset | 2 670 |