Mise à jour le mercredi 15 octobre 2008 à 22 h 57

Abstention

Un taux record

Plus d'info
Parti libéral du Canada
Stéphane Dion reste... en attendant
Parti libéral du Canada
Easter appuie Dion
Leadership de Stéphane Dion
Joe Volpe lance la première pierre
Abstention
Un taux record
Évolution des taux de participation

Évolution des taux de participation

59,1 %. Tel est le taux de participation au vote du 14 octobre, selon les premières données. Un record, de faiblesse, par rapport aux précédentes élections. En 2006, ce taux était monté à 64,7 %, après avoir oscillé autour de 61 % aux scrutins fédéraux de 2000 et 2004.

D'après les chiffres d'Élections Canada, jamais une élection n'avait suscité si peu d'intérêt auprès des électeurs. Il faut chercher du côté des référendums pour trouver un taux de participation plus bas.

Certains observateurs attribuent cette contre-performance aux amendements apportés à la Loi électorale, qui exige maintenant de tout électeur qu'il présente une carte d'identité émise par le gouvernement, incluant son adresse, au moment de déposer son bulletin dans l'urne.

Cette mesure, disent-ils, aurait empêché des électeurs dépourvus de papiers d'identité jugés acceptables de voter, notamment dans les secteurs ruraux, les communautés autochtones et les milieux étudiants.

Pour d'autres, comme le politologue de l'Université Carleton à Ottawa, Jon Pammett, la victoire quasi certaine des conservateurs a pu dissuader certains électeurs de voter. « Les conservateurs n'ont jamais tiré de l'arrière. La seule question était de savoir quel genre de gouvernement ils pourraient former », a-t-il expliqué.

Andrew Heard, professeur agrégé de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, pense pour sa part que la fin de semaine de trois jours de l'Action de grâce a peut-être joué en défaveur de la participation.

Le référendum du 29 septembre 1898

Le 29 septembre 1898, seulement 44 % des électeurs canadiens (sur 1 236 419 inscrits) avaient pris la peine de se déplacer afin de se prononcer pour ou contre la prohibition des boissons alcoolisées au pays. Toutes les provinces avaient voté pour, sauf le Québec. Les « oui » totalisaient 51,3 % des bulletins et les « non », 48,7 %. Toutefois, vu le faible taux de participation, le premier ministre libéral de l'époque, Wilfrid Laurier, avait choisi de ne pas tenir compte du résultat.

L'absence d'un enjeu central et fédérateur dans la campagne est une autre explication avancée par les analystes. La crise économique aurait pu caractériser cet enjeu. Mais, explique M. Heard, elle a provoqué un sentiment d'urgence dont aucun parti politique n'a su profiter pour rallier les électeurs.

Stephen Harper a quant à lui exprimé sa déception et expliqué qu'il fallait s'efforcer de trouver des solutions pour encourager les citoyens à faire usage de leur droit de vote.

Jack Layton, le chef du Nouveau Parti démocratique, croit pour sa part que le faible taux de participation prouve la nécessité de mettre en place un système proportionnel.

Quand le vote est un devoir

Plusieurs pays connaissent des taux de participation à faire pâlir d'envie de nombreuses démocraties. Et pour cause, le vote y est un devoir. Parmi ceux-ci, l'Australie, la Belgique, la Grèce et le Luxembourg.

À titre d'exemple, le Plat Pays obtient toujours un taux supérieur à 90 %. La loi belge oblige ses citoyens à voter depuis 1984.

En cas d'abstention, le contrevenant peut recevoir une amende variant entre 25 et 50 euros (de 40 à 80 $), et de 125 euros en cas de récidive. D'autres mesures sont prévues au bout de quatre abstentions, qui peuvent aller jusqu'à rayer le citoyen des listes électorales pendant 10 ans.

« Voter est un droit, c'est aussi un devoir civique », peut-on lire sur la carte électorale de chaque citoyen français. Son voisin belge semble avoir appliqué ce principe à la lettre.

Obliger les électeurs à se rendre aux urnes est une idée qui a aussi ses détracteurs. C'est le cas d'André Blais, professeur de Sciences politiques à l'Université de Montréal.

Donnez votre opinion

Que laisse présager l'issue du scrutin? Nous vous invitons à vous exprimer sur notre forum, En ligne, citoyens!

« Est-ce que ça vaut la peine de forcer les gens à aller voter? [.. ] Je pense qu'il y a des gens qui contesteraient une telle décision devant les tribunaux parce que ça pourrait aller à l'encontre de la Charte des droits et libertés », a déclaré M. Blais à la télévision de Radio-Canada.

Pour Claude Béland, le président de Mouvement Citoyenneté et démocratie du Québec, forcer le vote n'est pas non plus une bonne solution. « Là, on la fait mourir, la démocratie. Si je vais voter parce que je suis obligé de voter et puis après ça, je n'ai plus rien à dire, ce n'est pas de la démocratie », a-t-il expliqué sur les ondes de Radio-Canada.

Claude Béland

Claude Béland

Selon M. Béland, qui a dirigé il y a cinq ans des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques au Québec, accompagner les élections de miniréférendums sur des enjeux précis permettrait peut-être d'attirer l'attention de plus d'électeurs.

La situation, ailleurs

Aux États-Unis, la situation est en dents de scie, tant aux élections présidentielles qu'aux élections parlementaires. Les législatives de 2006 détiennent toutefois un record de faiblesse, avec un taux de participation de 47,5 %. Le duel opposant John McCain et Barack Obama le 4 novembre prochain marquera-t-il un record opposé?

De l'autre côté de l'Atlantique, la France a connu un taux de participation élevé lors des présidentielles de 2007, taux qui a frôlé les 84 %. Le chef de l'Union pour un mouvement populaire (à droite), Nicolas Sarkozy, a remporté ce vote avec 53 % des voix contre son adversaire socialiste, Ségolène Royal.

Les élections législatives remportent moins de succès, dépassant à peine les 60 % lors du dernier scrutin de 2007.

De l'autre côté de la Manche, le Royaume-Uni a connu une chute de son taux de participation aux alentours des 60 % lors des deux dernières élections. Un pourcentage qui contraste avec les autres votes de la seconde moitié du XXe siècle, où plus de 70 %, voire 80 %, des électeurs exerçaient leur droit de vote lors des différents suffrages.

L'Allemagne connaît une situation stable, avec un taux qui se situe toujours au-dessus de 75 %.


En profondeur


Élections fédérales 2006

Élections fédérales 2006

Le 23 janvier 2006, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur minoritaire.


Fédéral : élections partielles 2007

Fédéral : élections partielles 2007

Circonscriptions et biographies des candidats dans Outremont à Montréal, Saint-Hyacinthe - Bagot en Montérégie et Roberval - Lac-Saint-Jean.


Émissions d'information


Consulter le site de l'émission Les Années-lumière

Les Années-lumière

Voter en ligne


Equipe
© Société Radio-Canada. Tous droits réservés.