Consommation
Répondant à une question d'un citoyen qui s'interrogeait sur la volatilité des prix de l'essence et qui proposait la nationalisation des compagnies pétrolières, les chefs des partis politiques ont eu un débat enflammé.
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Prenant en premier la parole, Stéphane Dion a indiqué que la solution résidait dans le plan environnemental de son parti, dont il a vanté les vertus. Il a notamment expliqué que le Tournant vert constituait la meilleure stratégie pour utiliser des énergies moins polluantes.
Abondant dans le même sens, la chef du Parti vert, Elizabeth May, a souligné que les consommateurs ont besoin d'aide. Elle a surtout évoqué les problèmes auxquels sont confrontés les Canadiens dans les régions rurales en matière d'énergie. Selon la dirigeante des verts, il faut, entre autres, réduire les impôts sur les revenus et les charges des entreprises.
Tranchant, Gilles Duceppe s'est d'emblée élevé contre l'idée de nationaliser les compagnies pétrolières. Il a suggéré le renforcement du bureau de la concurrence pour qu'il puisse surveiller de près les pratiques sur le marché. Il a aussi proposé la création d'une agence spéciale pour surveiller les prix de l'essence.
Le chef du Bloc québécois a plaidé pour des crédits d'impôt aux pêcheurs, aux agriculteurs, aux chauffeurs de taxi, afin de les soulager des hausses incontrôlées des prix de carburant.
Jack Layton a également prôné un changement des lois sur la concurrence, tout en souhaitant plus d'investissements dans le transport en commun. « Nous sommes pour l'action, pas pour la nationalisation », a-t-il dit.
C'est la loi du marché, selon Harper
Sur la défensive, Stephen Harper a dû rappeler que la baisse de la TPS, décidée par son gouvernement, concernait tous les produits, y compris l'essence. Il a soutenu que le prix des produits pétroliers « est déterminé par le marché international », mais, a-t-il ajouté, « pour garder les prix au niveau raisonnable, il ne faut pas imposer des taxes ». L'allusion est faite à la taxe sur le carbone contenue dans le Tournant vert des libéraux.
Constatant que le débat sur la consommation a considérablement versé dans l'environnement, l'animateur Stéphan Bureau a dû rappeler à l'ordre les chefs. En vain.
Stéphane Dion a expliqué que la hausse des prix de l'énergie est liée à la forte croissance en Chine et en Inde.« Tous nos efforts sont basés pour réduire de la dépendance vis-à-vis du pétrole », a-t-il déclaré, précisant que son plan va créer des richesses et des emplois.
Pour Gilles Duceppe, la solution pour réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole réside dans le respect du protocole de Kyoto et dans la création de la bourse de carbone. Il a fait remarquer que les émissions de gaz à effet de serre ont diminué au Québec, tandis qu'elles ont augmenté en Alberta et en Saskatchewan.
Elizabeth May a indiqué pour sa part que la diminution de la TPS ne stimulait pas l'économie, préférant une réduction des taxes sur les entreprises.
M. Layton a plaidé, lui, pour l'encouragement du transport en commun et de l'énergie renouvelable.
Crise de la listériose
Questionnés sur les normes d'inspection des aliments après la crise de la listériose, les chefs ont eu des réponses différentes.
Le chef du Bloc québécois a souligné que cette tragédie était le résultat de la politique du laisser-faire des conservateurs. « C'est irresponsable de demander aux entreprises de faire de l'auto-inspection », ajoutant qu'il est curieux que celles qui exportent vers les États-Unis soient soumises à des contrôles plus stricts. « On se soucie plus de la santé des Américains », a-t-il déploré.
De son côté, le chef néo-démocrate a dit qu'il fallait un inspecteur dans chaque usine de transformation des aliments.
Le chef conservateur a répliqué pour dire que ce sont les libéraux qui ont réduit le nombre d'inspecteurs de la salubrité des aliments.
Lui succédant, M. Dion a indiqué qu'« il n'y a rien de plus central pour un gouvernement que de protéger la santé de ses citoyens », rappelant qu'un éditorial du Journal de l'Association médicale canadienne a clairement critiqué le manque d'inspecteurs des aliments.
Faux, a rétorqué Stephen Harper, estimant que l'auteur de l'article était un libéral. Il a été aussitôt rabroué par Stéphane Dion et Elizabeth May qui l'ont accusé de tout transformer en débat partisan.
Learning from Listeria: the autonomy of the Public Health Agency of Canada
Éditorial du Journal de l'Association médicale canadienne
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