Déficit budgétaire
![]() Le Canada a connu deux importants déficits, en 1984 et en 1994 |
Le débat sur le risque d'un retour au déficit budgétaire a été relancé cette semaine, après une sortie du chef libéral. Stéphane Dion s'est aventuré mercredi sur le terrain glissant du déficit en affirmant: « Je ne fais pas les hypothèses sur ce qui pourrait arriver à une économie ».
En refusant d'exclure la possibilité d'un déficit budgétaire, Stéphane Dion venait de confirmer, selon Stephen Harper, qu'avec leurs promesses, les libéraux ramèneront le pays dans une zone rouge.
« C'est impossible d'éviter des déficits et des déficits majeurs » avec les libéraux, a déclaré le chef conservateur, mettant son adversaire libéral dans une position défensive et embarrassante. « Jamais un gouvernement libéral ne causera un déficit », a finalement promis Stéphane Dion, poussé à riposter aux attaques conservatrices.
Le problème, c'est qu'il ne faut jamais dire « jamais » en politique, à plus forte raison dans un contexte de turbulences économiques, et ce, peut importe le parti qui est au pouvoir.
France St-Hilaire, vice-présidente de l'Institut de recherche en politiques publiques, pense qu'« il est possible qu'on pourrait se retrouver avec des déficits ».
Pour les économistes, si les conservateurs ont hérité d'un important déficit de 32 milliards de dollars en arrivant au pouvoir en 1984, ils n'avaient pas fait mieux dix ans plus tard. Ils avaient laissé un déficit de 38 milliards. Ce sont les libéraux, sous Jean Chrétien, qui ont fait le ménage et dégagé d'importants surplus.
À son arrivée au pouvoir, Stephen Harper a trouvé des surplus de 13 milliards, mais après des réductions d'impôts et de taxes, cet argent a fondu comme neige au soleil.
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Des surplus qui fondent
![]() La dette fédérale a été réduite significativement |
La question est maintenant de savoir s'il va rester encore de l'argent de ces excédents. « Les surplus, s'ils existent, vont être beaucoup plus petits », dit Mme St-Hilaire.
Il ne faut pas paniquer pour autant, puisque la dette fédérale qui avait explosé pendant le règne Mulroney, passant de 157 à 487 milliards de dollars, et doublé en proportion du PIB, a été ramenée par les libéraux à 35 % sous le pourcentage de 1984. Ce qui fait du Canada le premier de la classe en Occident.
« Le fardeau de la dette canadienne est la moitié de la moyenne des pays du G7. Donc, on est vraiment en position solide », explique France St-Hilaire.
En somme, si les libéraux n'ont pas à rougir de leur performance récente, ils sont quelque peu victimes de leur succès. Le mot déficit n'est tout simplement plus conseillé.
Le 23 janvier 2006, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur minoritaire.
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