Nouvelles
10 septembre 2008
Guerre en Afghanistan
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10 septembre 2008
![]() Photo: AFP/SHAH Marai Un soldat canadien en patrouille dans le sud de l'Afghanistan |
La présence militaire canadienne en Afghanistan s'invite à nouveau dans la campagne électorale. Les partis de l'opposition veulent connaître le coût de cette guerre.
Un rapport chiffré se trouve actuellement sur le bureau du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, à Ottawa. Ce haut fonctionnaire fédéral veut rendre public ce document, mais il craint de s'immiscer dans la présente campagne électorale. Pour ce faire, il a besoin du consentement de tous les partis.
Les partis de l'opposition se sont empressés, mardi, de donner leur autorisation et de presser M. Harper de faire de même. Le premier ministre ne semble toutefois pas pressé de divulguer ces informations avant les élections du 14 octobre.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, a envoyé une lettre à cet effet au premier ministre. « Je crois qu'il est impératif de rendre publique cette information immédiatement. Je vous demande d'informer le directeur parlementaire du budget que votre parti consent à sa publication », a-t-il écrit dans sa missive.
Lors de son passage dans la ville ontarienne de Welland, M. Layton a estimé que les contribuables avaient le droit de savoir combien de dollars étaient consacrés à la guerre en Afghanistan.
Stéphane Dion a lui aussi exprimé le souhait de rendre public le coût de la guerre en Afghanistan. « Bien sûr que oui. Pourquoi est-ce qu'on a un gouvernement à ce point cachottier? On veut cette transparence », a dit le chef libéral, de passage à Sherbrooke.
Pour sa part, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a jugé qu'il serait « immoral, indécent, irresponsable » que M. Harper n'autorise pas la publication du document. « Il est toujours important de savoir ce que nous payons, en particulier quand on voit qu'une large majorité de Québécois - et je dirais également une majorité de Canadiens - s'opposent à la mission en Afghanistan », a-t-il souligné.
Harper ni pour ni contre
Évasif, Stéphane Harper a évité de dire s'il donnerait son accord à la divulgation des chiffres sur la mission canadienne en Afghanistan. Il s'est contenté de rappeler que le directeur parlementaire du budget était indépendant et qu'« il peut prendre ses propres décisions ».
Le porte-parole du premier ministre sortant, Dimitri Soudas, n'a pas été bavard non plus sur cette question. Il a laissé entendre que M. Harper ne s'opposait pas à la publication du rapport, mais a refusé de dire s'il donnerait son consentement.
Le gouvernement Harper a déjà estimé le coût de la mission de six ans en Afghanistan à moins de 8 milliards de dollars. Si les chiffres contenus dans ce rapport sont plus élevés que ce montant, cela pourrait constituer une mauvaise nouvelle pour M. Harper et un pain bénit pour ses adversaires.
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