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En profondeur
Un texte de Florence Meney
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Des 16 formations politiques en lice pour les prochaines élections, on entend surtout parler des plus grands durant la campagne, principalement en fait des membres du club des quatre, soit le Parti conservateur, le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois. Et parfois, plus rarement, du Parti vert.
![]() Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada |
Les petits partis sont pourtant bien présents, ils existent, vivotant parfois faute de sous; ils peuvent, du moins le croient-ils, attirer un électorat qu'ils jugent écoeuré des formations établies et qui souhaite entendre des voix moins reconnues. Cause ou conséquence de l'absence de couverture médiatique? Ces formations mises ensemble n'ont recueilli au dernier scrutin fédéral (2006) qu'une fraction des votes, un peu plus de 5 % en fait. (Voir à ce sujet les résultats du scrutin de 2006 dans notre dossier )
Les petits partis (faute de meilleure formule, nous les appelons ainsi) ne représentent pas moins une série d'options aussi variées que colorées, incarnant des courants et des groupes très diversifiés, des plus traditionnels aux plus anticonformistes. Nous vous les présentons brièvement. Dans la plupart des cas, le processus de recrutement des candidats pour le scrutin d'octobre est en marche, mais loin d'être terminé, ce qui nous empêche de donner ici des chiffres définitifs. Cette information, c'est une promesse, sera mise à jour régulièrement.
Des partis qui en arrachent
Le propre d'un paysage politique est de se renouveler. Au cours de l'histoire canadienne, comme ailleurs, les formations politiques sont nées et ont péri, certaines étaient de véritables comètes dans le firmament. Peut-être alors est-il normal que plusieurs partis ne soient pas appelés à durer.
Cependant, il faut souligner qu'une rapide enquête de Radio-Canada.ca auprès des représentants des petits partis met en relief les difficultés financières que connaissent ces formations. Plusieurs réduisent leurs ambitions et le nombre de candidats qu'ils comptent présenter; certains sont menacés de disparition. On retrouve chez les responsables des partis une insatisfaction assez généralisée par rapport à la réforme des règles de financement des partis, qui, depuis 2004, met, nous dit-on, des bâtons dans les roues des formations mineures. Citons pour exemple le chef et porte-parole du Parti marijuana, Blair Longley, qui est engagé dans un long bras de fer avec Élections Canada pour obtenir gain de cause sur certains aspects de la loi sur le financement.
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On nous donne une illusion de démocratie — Blair Longley
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Selon Blair Longley, même si l'intention affichée des deux réformes de 2004 était d'assainir les moeurs politiques, dans les faits, les petits partis se sont retrouvés pénalisés et ont de moins en moins accès aux fonds nécessaires pour participer à l'exercice en théorie démocratique que constitue une élection.
Au Parti action canadienne, Connie Fogal, leader et avocate, partage ce questionnement, et se demande de quoi l'avenir est fait.
Au First Peoples National Party of Canada, un candidat malheureux en 2006, John Malcom, donne un écho criant à ce sentiment d'impuissance : « Nous vivotons à peine, nos candidats potentiels ne parviennent pas à réunir l'argent nécessaire pour se présenter », nous a-t-il confié de l'Alberta, un terrain où il sait par ailleurs avoir peu de chances de se faire élire. Cette formation, minée par le manque d'argent, envisage comme plusieurs autres de se saborder purement et simplement, nous dit-il.
LES PETITS PARTIS ENREGISTRÉS
(au 10 septembre 2008)
Parti marxiste-léniniste du Canada, distinct du Parti communiste du Canada
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Ce parti a présenté des candidats à toutes les élections fédérales depuis 1972, avec de 50 à 177 candidats, pour la plupart en Ontario et au Québec, et avec un pic aux élections de 1979 et 1980.
C'est une formation pacifiste, qui s'attache aussi à la défense de la culture. Un porte-parole précise qu'un autre grand thème du parti est celui du renouveau démocratique.
Anna Di Carlo est la dirigeante nationale du PMLC; elle a été élue le 16 août 2008 par le 8e congrès du parti.
Parti communiste du Canada
Le chef actuel du Parti communiste du Canada, Miguel Figueroa, est considéré comme le porte-étendard de la cause de la représentation des petits partis sur la scène politique globale. Plus radical que son rejeton cité plus haut, le Parti marxiste-léniniste du Canada, le Parti communiste n'a pas peur des formules à l'emporte-pièce. Sur son site officiel , on peut par exemple lire au sujet des élections: Stephen « Adolph » Harper à la conquête d'une majorité.
Ce parti fondé en 1921 est consacré à la défense des intérêts de la classe ouvrière, et ses membres sont actifs au sein des syndicats, des organisations communautaires et populaires, auprès des jeunes, du mouvement des femmes et des organismes de solidarité internationale.
Le Parti communiste du Canada est né de la fusion de plusieurs formations de gauche. Contacté après 5 jours de campagne, le parti n'a pu fournir d'information sur ses candidats éventuels au scrutin du 14 octobre.
Voyez le parti communiste du Canada en 1974, sur le site des archives de Radio-Canada.ca.
The Animal Alliance Environment Voters Party of Canada
Ce parti a été fondé en 2005 et enregistré comme parti officiel en 2005. Voué à la protection de l'environnement et des animaux, il n'a présenté qu'une candidate, à Toronto, aux élections de 2006.
Il ne récolte pour l'instant qu'un appui marginal au sein de la population canadienne.
First Peoples National Party of Canada
Fondé en 2005, ce parti trouve sa base à Sault-Ste-Marie, dans le Moyen-Nord ontarien. C'est un parti autochtone à la base, voué à la défense des valeurs autochtones, mais qui se veut universel et s'adresse à tous les Canadiens. La lutte contre la pauvreté, la promotion de la croissance économique, la création de programmes sociaux, le respect des valeurs spirituelles et culturelles de ses membres et de l'ensemble des Canadiens font partie du mandat de la jeune formation.
Un candidat défait en 2006, contacté en Alberta, indique que, pour l'instant, aucun candidat n'est désigné. Le parti est aux prises avec des difficultés financières et existentielles.
Le néorhino.ca
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Contrairement aux précédents partis, le néorhino.ca est clairement basé sur une vision satirique de la politique et n'a pas d'ambition sérieuse ni de programme politique cohérent. Fondé en 2006 et reconnu comme parti officiel l'année suivante, il est le successeur du célèbre Parti rhinocéros du Canada. Le Néo a été fondé par François « Yo » Gourd. L'appellation Néo est une allusion au film La matrice.
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Rappel
Créé par l'auteur Jacques Ferron en 1963 et inspiré du classique d'Eugène Ionesco, le Parti Rhinocéros a permis aux électeurs canadiens de sourire jusqu'aux urnes pendant des années. |
Voyez un reportage de Télémag sur le Parti rhinocéros, sur le site des archives de Radio-Canada.ca.
Parti action canadienne
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Fondée il y a 11 ans, la formation se définit sur son site web comme un parti fédéral qui désire l'indépendance du Canada et propose une réforme monétaire, démocratique et électorale « afin de ramener l'espoir chez tous les Canadiens ». Opposé à la mondialisation, il prône le nationalisme canadien.
Le chef actuel (par intérim) en est Connie Fogal, avocate et enseignante originaire de la Saskatchewan.
Le parti lance un appel aux dons, car il dit être à un tournant de son histoire, à cause d'un criant manque de fonds. Il n'a actuellement même pas les moyens de se doter d'un chef permanent, faute d'argent pour un congrès.
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Extrait du site du parti
Bien que le PAC soit au meilleur de sa forme en termes d'organisation et de puissance depuis sa création, nous sommes aussi beaucoup plus vulnérables. Le gouvernement, les grands partis politiques et Élections Canada font tout ce qu'ils peuvent pour assécher financièrement les petits partis, et cette attaque n'a pas de fin avec des amendements nouveaux et punitifs. |
En 2006, Le PAC a présenté 36 candidats, avec, comme résultat au niveau national, 0,04 % des suffrages exprimés.
Parti de l'héritage chrétien du Canada
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Ce parti, qui adhère à des valeurs très conservatrices, a été fondé en 1987. Sa première participation aux élections remonte à 1988. Ron Gray en est le leader. Plusieurs de ses membres fondateurs ont appartenu au Crédit social. Ce parti est avant tout pro-vie, profamille et proDieu.
En 2006, il présentait 45 candidats et obtenait 0,19 % des suffrages exprimés.
Une porte-parole du parti indique qu'en date du 10 septembre, 55 candidats sont confirmés, mais que ce nombre augmentera au fil des jours.
Parti libertarien du Canada
Fondé dans les années 70, le parti n'a présenté qu'une dizaine de candidats en 2006. Son chef Dennis Young est encore au stade du recrutement des candidats pour le scrutin en cours.
La raison d'être des libertariens est de mettre en échec la mainmise de l'État dans différentes sphères.
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Extrait du site du parti
Les libertariens ne perçoivent pas le gouvernement comme une entité sacro-sainte qui ne peut pas être remise en question, mais plutôt comme un simple organe qui détient le monopole de l'usage légal de la force. Les libertariens posent donc la question: « qu'est-ce qui légitime le droit du gouvernement à faire usage du pouvoir de coercition ». |
Parti marijuana
Son leader, Blair T. Longley, est originaire de Vancouver.L'objectif principal de la formation est clair: mettre fin à la prohibition de la marijuana.
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Extrait du site du parti
Le Parti marijuana est un groupe de pression organisé en parti politique. L'utilisation du système démocratique canadien devient donc la manière de promouvoir une réforme législative concernant le cannabis. Cela est d'autant plus vrai que, le 23 décembre 2003, la Cour suprême a reconnu le pouvoir de la Chambre des communes de criminaliser le cannabis. Les efforts des activistes du pays devront désormais être concentrés dans l'arène politique. |
Blair Longley confirme que son parti compte présenter une douzaine de candidats. Il se dit cependant très pénalisé par la réforme des lois qui régissent le financement des partis, et qui, selon lui, prive sa formation de certaines sources de revenus.
En 2006, le parti avait recueilli 0,06 % des suffrages exprimés.
Parti progressiste canadien
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Ce parti centriste, officiellement enregistré auprès d'Élections Canada en 2004, est au départ formé de l'aile libérale de l'ancien Parti progressiste conservateur, à la suite de la fusion contestée avec l'Alliance canadienne. Le parti se dit le véritable héritier des valeurs du Parti progressiste conservateur, dont il s'inspire fortement pour son logo. Il a présenté 25 candidats en 2006 et recueilli 0,1 % des suffrages. Son leader est Sinclair Stevens.
Western Bloc Party
Comme son nom l'indique, ce parti enregistré depuis 2002 représente les intérêts des quatre provinces de l'Ouest canadien. Son leader est Doug Christie.
En 2006, il a présenté quatre candidats et est généralement vu comme assez mineur sur la scène nationale.
Le 23 janvier 2006, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur minoritaire.
Circonscriptions et biographies des candidats dans Outremont à Montréal, Saint-Hyacinthe - Bagot en Montérégie et Roberval - Lac-Saint-Jean.