Mise à jour le mardi 9 septembre 2008 à 14 h 28

Publicités conservatrices

Les conservateurs ont gardé leurs vieux journaux

Dès le premier jour de la campagne, les conservateurs sont passés à l'offensive en lançant une série de messages publicitaires satiriques contre le chef du Parti libéral, Stéphane Dion.

Extrait d'une publicité conservatrice

Dans cette série de messages télévisés, également diffusés sur Internet, les conservateurs accusent, entre autres, le chef libéral de vouloir augmenter le fardeau fiscal des contribuables en augmentant la Taxe sur les produits et services (TPS) et en levant une taxe permanente sur le carbone.

Les conservateurs demandent aussi à Stéphane Dion dans leur publicité sur un ton railleur pourquoi il veut abolir les 100 $ par enfant, par mois, que reçoivent les familles du Programme universel pour la garde d'enfants.

Ces attaques, largement reprises dans l'argumentaire des candidats conservateurs et sur les pages d'entrée de leurs sites Internet, ont fait bondir le chef libéral qui a accusé les conservateurs de lui prêter de fausses intentions et de mentir systématiquement aux électeurs canadiens.

Or, sur quoi les stratèges conservateurs se sont-ils basés exactement pour porter de telles accusations contre leurs adversaires libéraux? À cette question les conservateurs déclarent s'être basés sur des déclarations faites dans le passé sur ces sujets par M. Dion ou par ses collègues du PLC. Nous avons fait quelques recherches.

Première allégation: Stéphane Dion veut augmenter la TPS

Selon les publicités conservatrices, le chef du Parti libéral s'empresserait, s'il était élu, d'augmenter la Taxe sur les produits et services que le gouvernement Harper a réduite de 2 % au cours de son dernier mandat.

Laurence Cannon

Le candidat conservateur Laurence Cannon

Interrogé lundi par les journalistes sur les fondements de cette affirmation, le candidat Laurence Cannon a déclaré que son parti s'est basé sur des déclarations faites par des libéraux dans les journaux.

« Nous savons que le porte-parole de M. Dion en matière de finances, John McCallum, a dit que la hausse de la TPS était une option » — Laurence Cannon
Une déclaration de John McCallum

Cette déclaration de John McCallum a en effet été publiée dans le quotidien anglophone National Post, le 18 mai 2007. Dans cet article, le porte-parole libéral en matière de finances proposait effectivement l'idée de hausser la TPS en échange de nouvelles baisses d'impôt pour les contribuables canadiens.

Or, même s'ils ont en effet jonglé avec l'idée de rétablir la TPS à son pourcentage antérieur, il semble que les libéraux aient changé leur fusil d'épaule sur ce sujet depuis plusieurs mois déjà.

Le 18 janvier dernier, dans une entrevue accordée à l'équipe éditoriale du quotidien La Presse, Stéphane Dion précisait clairement qu'il n'avait pas l'intention d'augmenter ni de rétablir la TPS à son niveau de 7 %, et cela, même s'il est en profond désaccord avec l'idée des conservateurs de la réduire à 5 %.

Deuxième allégation: Stéphane Dion veut abolir le Programme universel pour la garde d'enfants

Dans leurs publicités, les conservateurs accusent également le chef du PLC de vouloir abolir l'allocation de 100 $ par mois pour chaque enfant, que verse le gouvernement Harper aux parents canadiens depuis juillet 2006.

Une déclaration de Stéphane Dion

Cette allocation mensuelle imposable est versée aux parents de tous les enfants de moins de six ans pour les aider à payer les frais de garde de leurs enfants jusqu'à leur entrée à l'école.

Une fois de plus, Stéphane Dion a dû se défendre de vouloir abolir cette prestation fédérale somme toute très appréciée des parents canadiens, même si elle est imposable.

Cette attaque des conservateurs qui place Stéphane Dion sur la défensive dès le début de la campagne tire ses origines une fois encore d'une déclaration qu'il a faite dans le National Post du 21 octobre 2006, alors qu'il n'était pas encore chef de son parti.

Lorsqu'on lui a demandé, dans cet article, s'il comptait abolir la prestation universelle pour la garde d'enfants, Stéphane Dion avait alors répondu de façon affirmative en précisant toutefois que le pays avait besoin à la place d'un programme national de garderies accessible à tous les parents.

Pas dans la nouvelle vision verte des libéraux

Et si on se fie au Plan vert des libéraux, non seulement ils n'auraient pas l'intention aujourd'hui d'abolir cette prestation aux familles, ils auraient même l'intention de la bonifier à partir des sommes perçues par la taxe sur le carbone.

« Nous allons mettre en oeuvre une nouvelle prestation fiscale pour enfants d'une valeur de 350 $ par enfants, par année, en plus de toutes les prestations pour enfants en vigueur. Cela apportera une aide financière directe aux familles canadiennes, qu'elles paient ou non de l'impôt sur le revenu »

Extrait: Le Tournant vert: Bâtir l'économie canadienne du XXIe siècle, page 35

En politique comme à la guerre

Bien qu'il soit de bonne guerre en politique de remettre les adversaires face à leurs déclarations embarrassantes ou contradictoires, les libéraux semblent avoir complètement évacué de leur discours et de leur programme l'idée de revenir en arrière sur la TPS et le Programme universel pour la garde d'enfants.

Beaucoup d'accusations, mais peu de références

Autre fait à noter, bien que l'on prête à Stéphane Dion l'intention d'augmenter la TPS et de vouloir abolir la prestation pour garde d'enfants sur pratiquement tous les sites Internet de candidats conservateurs, on n'y trouve pratiquement aucune référence ou citation précises pour étayer ces propos. Il s'agit la majeure partie du temps de déclarations non référencées et paraphrasées par les auteurs.

En ce qui a trait à la Taxe sur le carbone, bien qu'il s'agisse en effet d'une taxe, le chef libéral élude les accusations de ses adversaires en parlant plutôt d'une stratégie pour combattre la pollution qui se traduira par des baisses d'impôt de 10 % pour les contribuables canadiens.


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