Parti conservateur
On apprenait mardi dans les pages du journal La Presse que la candidate conservatrice de la circonscription Saint-Bruno-Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, fait partie de l'Opus Dei.
Nicole Charbonneau Barron est même celle qui a défendu dans les médias cette organisation ultra-conservatrice, en mai 2006, au moment où sortait le film Da Vinci Code, tiré de l'oeuvre (un best-seller) de Dan Brown.
|
L'Opus Dei, en bref
L'organisation catholique conservatrice compte au Canada quelque 600 membres, dont 220 au Québec. C'est à l'invitation du cardinal Paul-Émile Léger que le groupe a fait son entrée au Canada en 1957. Qualifiée par certains de « mafia sainte », de phalange intégriste » ou encore « d'Église dans l'Église », elle a suscité des interrogations depuis pratiquement sa fondation, qui remonte à 1928, par l'Espagnol Josémaria Escriva de Balaguer. L'organisation a été maintes fois accusée d'être trop proche du régime fasciste de Franco. Lisez aussi notre nouvelle. |
Mme Barron avait notamment indiqué lors d'une entrevue radiophonique que 30 % des membres de l'Opus Dei avaient des « pratiques de mortification de petits sacrifices », refusant toutefois de parler d'autoflagellation.
Selon son mari, elle n'est plus porte-parole de l'organisation. Mais la candidate, pourtant en pleine campagne électorale, a refusé d'accorder elle-même une entrevue sur cette question.
Réaction du Bloc
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a vivement réagi à cette révélation. « C'est une société plutôt secrète. L'alignement de l'organisme, notamment sur les droits des femmes, est très questionnable (sic). À l'Opus Dei, il y a des idéologues bornés. Elle a le droit de se présenter, mais c'est une conception de la religion qui est passablement bornée », a-t-il soutenu en point de presse à Québec.
Selon M. Duceppe, cette candidature représente bien l'esprit fermé du Parti conservateur.
Un libéral à la rescousse
![]() Jean-Éric Guindon |
Le président du Parti libéral du Canada (PLC) en Mauricie, Jean-Éric Guindon, se porte à la défense Nicole Charbonneau Barron.
Réagissant à l'article paru dans La Presse, Jean-Éric Guindon, qui a été candidat pour le PLC dans Trois-Rivières en 2004, nie le fait que « les membres de l'Opus Dei sont incités à briguer des postes d'influence pour accroître le rayonnement de l'ordre ».
« C'est faux. Ce qui arrive c'est que chaque laïc catholique, chaque laïc chrétien est incité à utiliser ses talents. Or, s'il y en a là-dedans qui ont des talents en politique, qu'ils aillent en politique », a-t-il affirmé.
Un lobbyiste chez Harper
Le chef du Bloc québécois en a rajouté mardi, accusant les conservateurs de faire le contraire de ce qu'ils disent. Gilles Duceppe affirme qu'un conseiller spécial de Stephen Harper, Michael Coates, est aussi un lobbyiste qui a parmi ses clients Bell Canada, la Banque Scotia et SNC-Lavalin Nuclear.
Pour M. Duceppe, le premier ministre Harper se contredit après avoir promis de faire le ménage dans l'administration publique et d'éliminer la culture des lobbyistes. Selon lui, la présence de Michael Coates dans l'entourage immédiat du Stephen Harper montre que ce dernier ne tient pas ses promesses.
D'après des documents du Commissariat aux lobbyistes consultés par la radio de Radio-Canada, rien n'interdit explicitement à un lobbyiste de travailler pour un premier ministre. Un rappel des règles émis il y a quelques jours par la commissaire intérimaire au lobbying, Karen Shepperd, indique que les lobbyistes devront établir dans quelle mesure leurs activités politiques et leurs activités de lobbying sont compatibles. Ils devront, selon le cas, abandonner l'une ou l'autre de ces activités. Le seul juge, à la lecture de ces documents, reste le lobbyiste lui-même, et ce, dans le respect de la loi sur le lobbying. Il doit en tout cas éviter tout conflit d'intérêts réel ou apparent.
Le 23 janvier 2006, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur minoritaire.
Circonscriptions et biographies des candidats dans Outremont à Montréal, Saint-Hyacinthe - Bagot en Montérégie et Roberval - Lac-Saint-Jean.